Vols, détournements, Fraudes, déchets vers le grand toilettage de la Refondation

 

De retour d’un voyage privé au Maroc, le chef de l’Etat n’a pas voulu laisser la situation se détériorer. Laurent Gbagbo a ordonné au procureur de la République de mener des enquêtes sur des faits graves portés au crédit de son Premier ministre, Guillaume Soro Kigbafory et de son ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, tous les deux dépositaires de l’Accord politique de Ouagadougou signé le 4 mars 2007 pour ramener la paix en Côte d’Ivoire. Au-delà de toutes les spéculations, c’est à un nécessaire toilettage de la Refondation que le président Gbagbo invite les Ivoiriens et comment ! L’histoire est cyniquement drôle. Elle circule dans les foyers et dans les bureaux où l’on se la raconte pour se marrer. Mais elle est symptomatique de l’état de déliquescence morale, pitoyable, qui gagne la société ivoirienne. L’histoire, la voici : un jeune homme est pris en chasse par une foule en furie, gourdins férocement prêts à le faire passer de vie à trépas. Au bout de quelques kilomètres de course-poursuite à travers rues et ruelles du quartier, le jeune bandit est rattrapé. “Voleur ! On va te tuer aujourd’hui ! C’est fini pour toi !”, hurle la foule. Sur le coup, un détachement de policiers en patrouille arrive, disperse les bourreaux en puissance et demande : “Qu’a-t-il fait ?”. “Il a volé !”, hurle encore plus fort la foule en courroux. “Dans ce cas, mon petit, on ne peut rien faire pour toi”, déclare le chef de la patrouille policière prêt à s’en aller avec ses hommes, au désarroi du petit voleur désormais livré à la foule et à une justice expéditive qui se dessine. “C’est faux, chef !”, crie très fort l’infortuné pour se faire entendre du policier. “C’est faux. Ils mentent. Je n’ai pas volé. Je suis un rebelle !!”. Sur-le-champ, le chef de la patrouille ordonne, les lacrymogènes tonnent et les policiers arrachent le jeune homme à la furie populaire. “Tu seras jugé !”, prescrit le policier. Le “rebelle” est menotté, traîné dans le panier à salade. Direction, le poste de police et, sûrement, le tribunal. Ceux qui la racontent ne disent pas si l’histoire est vraie. L’histoire elle-même ne dit pas ce qui est advenu du jeune homme. Mais l’on retient qu’il doit sa vie à la disqualification de son propre délit ! Sauvé en passant de voleur à rebelle ! Car, en Côte d’Ivoire, Satan a désormais un nouveau nom, voire un visage : corruption et détournements. Ces deux mots sont en passe de provoquer plus de haine que n’en a causée la rébellion armée qui a détruit des biens, décimé des familles et ravagé des villages entiers, notamment à l’ouest. Parce qu’ils sont aussi des maux de la société, ces deux mots sont politisés à outrance. Juste pour être collés comme des étiquettes sur “La Refondation”. Dans la filière café-cacao, comme ailleurs, les détournements et autres abus soupçonnés ou avérés ne sont pas l’apanage des seuls Refondateurs. Tous les Ivoiriens de tous les bords s’y retrouvent mêlés. Ils n’y sont nullement encouragés par le président Gbagbo. L’actuel chef de l’Etat, au contraire de son plus illustre prédécesseur, qui a mis dans la tête des Ivoiriens qu’ “on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides”, porte plainte et laisse la justice travailler quand les soupçons lui sont signalés. Et pourtant, certaines personnalités respectables du pays n’hésitent même plus à insinuer que la rébellion armée peut se justifier par ces deux maux. Et le pas est franchi. A défaut d’avoir réussi à renverser le pouvoir par les armes, c’est à La Refondation que les détracteurs du régime s’attaquent. Avec un succès insoupçonnable ! Or, ce programme de gouvernement, dont les axes principaux sont l’Assurance-maladie universelle, l’Ecole gratuite, la Décentralisation administrative et la Libéralisation de la filière café-cacao a été concocté par le président Gbagbo pour soulager les Ivoiriens. Mais, à force d’attaque, La Refondation rime de nos jours avec vols, cupidité, enrichissements illicites et immérités. Refondateur devient synonyme de voleur, corrompu, arrogant et quoi encore ! Un immeuble germe-t-il ici, fruit du labeur d’un honnête citoyen ? Une station de carburant pousse-t-elle là, résultat des efforts conjugués d’investisseurs ayant le goût du risque ? “C’est pour les Refondateurs !”. Pour nuire, personne ne se retient. On se laisse aller à des jalousies maladives. De façon hypocrite, on réclame l’égalité de tous et la promotion du genre dans la société et les femmes sont de plus en plus nommées dans la hiérarchie sociale. Mais voit-on passer une jeune femme au volant d’un véhicule neuf, “ah, ces Refondateurs, ils volent notre argent pour offrir des voitures aux petites filles ! ”. Il y a quelques années, le bouchon a été poussé à des limites intolérables et Charles Blé Goudé a dû menacer d’ordonner aux jeunes Patriotes d’aller se servir gratuitement à une station d’essence dont la malhonnête rumeur lui attribuait la possession. Les vrais propriétaires ont été contraints de se signaler pour sauver leur investissement et la rumeur a cessé de salir le patron des jeunes patriotes. Bien entendu, il n’y a pas de fumée sans feu. Dans la racaille des pilleurs de l’économie ivoirienne, se trouvent sûrement tapis des individus accourus à la “Refondation” pour assouvir des appétits voraces et incontrôlés qu’ils n’ont pu satisfaire dans leurs clans naturels et originels. Evidemment, ils se sont trompés de club, mais ils ont réussi à salir la Refondation. Au point que certains Refondateurs honnêtes éprouvent aujourd’hui l’envie de se cacher, de refuser de se reconnaître dans ce slogan politique qui rime pourtant avec socialisme, ouverture, partage et générosité. Il était temps. Temps que l’on remette tout à plat. Qui vole ? Qui détourne ? Qu’est devenue la Refondation ? Qui veut tuer la Refondation ? En ordonnant des enquêtes sur des indélicatesses que les rumeurs attribuent à Guillaume Soro et Désiré Tagro, le président Gbagbo vient d’opter pour le grand toilettage de la Refondation, en commençant par le haut. C’est le premier coup d’éponge au sommet de la classe politique. S’ils sont reconnus coupables, les sanctions que prendront le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur serviront d’exemple à tous. S’ils sont blanchis, ces exemples mettront fins au colportage de rumeurs gratuites, infondées, jalouses et salissantes. Quoi qu’il en soit, rien qu’en faisant ouvrir des enquêtes contre Soro et Tagro, deux personnalités clés dans le processus de sortie de crise, Laurent Gbagbo montre que le voleur de deniers publics sous son régime ne peut point compter sur son rang social ou sa proximité avec lui pour rester impuni. Sous Félix Houphouet-Boigny, ce fut plutôt la promotion des coupables du “17 juillet 1977”, malgré leurs indélicatesses avérées dans les surfacturations des complexes sucriers. En route donc pour le grand toilettage de la Refondation !

César Etou cesaretou2002@yahoo.fr, juin 23, 2010

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