Violation des droits de l’homme : Ces images qui compromettent la réconciliation nationale

Ces derniers temps, une vidéo, montrant des proches de l’ancien président Laurent Gbagbo humiliés par les hommes du commandant Morou Ouattara, circule sur Internet et les réseaux sociaux. Hier, nous avons pu visionner cette vidéo dans laquelle Morou Ouattara et ses hommes, après avoir sermonné les proches collaborateurs de Laurent Gbagbo, leur intiment l’ordre de pomper comme des sportifs. Visiblement affaiblis, le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, le fils de l’ancien président, Michel Gbagbo, l’un des collaborateurs du président de l’Assemblée nationale, Diabaté Beh, pour ne citer que ceux-là, se mettent en mouvement. Le cameraman Serge Bogué de la RTI supplie les militaires de l’épargner, en vain. Très incisif, Morou Ouattara, qui vociférait, accompagnait le supplice qu’il infligeait à ces prisonniers de mise en garde. « On ne va pas vous tuer. Je préfère que vous mouriez un à un en prison », leur a-t-il lancé d’un ton virulent. Ce film vient donc corroborer les dénonciations les organisations internationales. La division des droits de l’Homme de l’ONUCI en Côte d’Ivoire avait en effet relevé le traitement dégradant dont sont victimes les proches de Gbagbo détenus à Bouna. Des arguments battus en brèche par le ministre de la Justice, Me Ahoussou Jeannot Kouadio, qui tournait récemment en dérision ces accusations, estimant que ce sont des Ivoiriens qui vivent à Bouna. Il doit être maintenant bien embêté par cette vidéo qui circule sur Internet et qui ne manquera pas de faire réagir les organisations internationales de défense des droits de l’Homme. Les actes de Morou Ouattara et de ses hommes donneront du grain à moudre à tous ceux qui accusent le régime de Ouattara d’être moins sourcilleux sur la question des droits de l’Homme. Pis, ces images, qui suscitent des commentaires désagréables sur un réseau social tel que « facebook », pourraient compromettre la réconciliation nationale prônée par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Elles pourraient même compliquer la tâche de Charles Konan Banny, président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. L’opinion nationale et internationale pourrait en effet douter de la capacité du nouveau pouvoir à respecter les droits et la dignité des collaborateurs de l’ancien président. Par-dessus tout, cette vidéo pourrait servir d’arguments aux exilés pour rester hors de la Côte d’Ivoire pour éviter de subir le même traitement que celui infligé à Affi N`Guessan et ses co-détenus de Bouna.

Y.DOUMBIA ; Publié le vendredi 8 juillet 2011 | L'Inter

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