Suite de l'affaire des 65 millions : le procès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Douze mois de prison ferme et 300 mille francs FCFA d’amende pour Mme Bléhon Emilienne épouse Gomé Gnohité, 58 ans, mère de quatre enfants. C’est la sanction que le procureur de la République Diakité Mamadou a demandée hier au président du tribunal, Yapi Tobo Clément d’infliger à l’ex-secrétaire particulière du chef de l’Etat, poursuivie pour le délit d’escroquerie portant sur la somme de 65. 542.610 FCFA au préjudice de la société de téléphonie cellulaire MTN. En revanche, le procureur Diakité Mamadou a requis la relaxe, pour délit non établi, de Mme Wendégué épouse Mété Elise, 40 ans, mère de quatre enfants, précédemment interprête à la présidence de la République et poursuivie également pour escroquerie.

Le président du tribunal Yapi Tobo Clément a décidé de reporter le procès à cet après-midi à 14h pour rendre le verdict de ce procès qui a fait déplacer de nombreuses personnes, pour la plupart des parents et amis de l’ex-secrétaire du président Laurent Gbagbo, au Palais de justice d’Abidjan-Plateau.

Dès l’entame du procès, l’un des trois avocats de Mme Gomé a soulevé une exception pour cause d’irrégularité de la procédure. Car, selon l’avocat de la défense, Mme Gomé a été arrêtée le 3 février dernier puis déférée et placée sous mandat de dépôt pour être transférée de façon expéditive le 4 février à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). D’où, selon cet avocat, la nullité de l’audience d’hier. Aussitôt, le procureur Diakité Mamadou a battu en brèche ces arguments qui relèvent d’une audience de confirmation de mandat de dépôt. En conséquence, selon lui, le procès peut avoir lieu car le délai de 15 jours pour sa tenue n’a pas encore expiré. Le président Yapi Tobo Clément a tranché en joignant l’exception soulevée par la défense au fond de l’affaire au cours du procès.

Constante dans ses déclarations depuis son interrogatoire à la brigade de recherche de la gendarmerie d’Abidjan-Plateau, Mme Mété Elise a déclaré hier, à la barre, qu’elle ne se reconnaît pas dans les faits d’escroquerie. Elle a plutôt accablé Mme Gomé Gnohité d’être à la base des faits. “Je suis rwandaise d’origine comme M. MPoré, le DG de MTN, que je connais depuis l’Institut supérieur de commerce de Kinshassa où nous avons fréquenté ensemble. J’ai la nationalité ivoirienne après m’être mariée à un Ivoirien, et M. MPoré est de nationalité canadienne. C’est lui qui m’a dit qu’il voulait présenter le trophée que son entreprise a eu au président de la République dont je suis l’interprête. J’ai dit cela à Mme Gomé qui est sa secrétaire particulière et ma sœur d’église des Assemblées de Dieu de Cocody. C’est Mme Gomé qui, après avoir accepté de nous aider à rencontrer le chef de l’Etat m’a dit que tous les DG qui viennent voir le président ne viennent par les mains vides. Mieux, elle a dit que le DG de MTN peut faire un don d’ambulance et entreprendre la réfection du dispensaire du village où il y a eu une intoxication alimentaire à Bongouanou”, a déclaré d’emblée Mme Mété Elise.

C’est ainsi qu’elle a informé le DG de MTN courant novembre 2008. Ce dernier a donné rendez-vous à Mmes Gomé et Mété dans un restaurant à Cocody. A ce rendez-vous, à en croire Mme Mété, le DG de MTN a indiqué que pour justifier les sorties d’argent dans son entreprise, il fallait une lettre de la présidence de la République et le devis des travaux à effectuer. Ce qui a été fait quelques jours plus tard par l’ex-collaboratrice directe du Président Gbagbo. “Sur le courrier, j’ai mis l’entête de la présidence de la République et c’est moi qui ai signé le courrier. Je l’ai fait sous l’inspiration du DG de MTN puisque c’était pour faire un don à mon patron, je n’ai pas trouvé de problème”, a reconnu à la barre, Mme Gomé. Elle a ajouté avoir fait parvenir le courrier au DG de MTN peu après sa rencontre par le biais de Mme Mété, en mentionnant le nom de son entreprise de construction immobilière Emika Entreprise comme société-écran pour accueillir les fonds.
“Est-ce vous Mme Gnohité qui avez fait ce courrier dont la teneur suit : objet : remerciement. Nous vous remercions d’avoir bien voulu apporter votre soutien au chef de l’Etat. A cet effet, nous vous recommandons la société Emika entreprise”, a questionné le procureur Diakité Mamadou. “La société Emika m’appartient. Son siège est… à mon domicile”, s’est justifiée l’ex-secrétaire du président Gbagbo. Tout en reconnaissant les faits, Mme Gomé a soutenu que c’est Mme Mété qui la recommandée au DG de MTN. Mais, cette dame a rejeté ces accusations au motif qu’elle ne connaît pas les besoins de la présidence. Mieux, elle a relevé qu’elle est allée remettre le courrier à M. MPoré qui lui a remis un chèque de 65 millions FCFA endossé le même jour par Mme Gomé.

Mais, le rendez-vous pris le 17 décembre 2008 pour l’audience avec le président Laurent Gbagbo n’aura pas lieu. “Lorsque Mme Nathalie Niang, la directrice des ressources humaines de MTN, nous a dit cela le jour du rendez-vous, après avoir reçu un coup de fil de la présidence, le DG et moi nous nous sommes rendus au Palais. Mme Gomé nous a dit que le président ne pourra plus nous recevoir car il était fatigué et M. Koné Boubacar, le directeur du protocole d’Etat toujours au téléphone a dit que l’audience aura lieu après les fêtes de fin d’année. J’ai tenté de rencontrer le chef de l’Etat. Mais, Mme Gomé m’a bloquée et m’a dit que le Président va me rappeler. Elle m’a également empêchée de rencontrer le chef de cabinet, M. Kuyo Téa Narcisse à qui j’ai fait deux SMS pour l’informer de la situation”, a révélé Mme Mété. Pis, Mme Gomé n’a pas remis les 65 millions FCFA le jour de l’audience manquée contrairement à ce que souhaitait le DG de MTN.
Les propos de Mme Mété ont été corroborés hier au procès par le procureur Diakité Mamadou qui s’est indigné du fait que Mme Gomé ne puisse pas dire le motif inscrit sur le programme de l’audience que le président de la République avait auparavant accordée au patron de la société de téléphonie cellulaire. “Monsieur le Président, outre les déclarations à l’enquête préliminaire, nous avons fait aussi nos investigations. Ce matin (NDLR : hier mardi 10 février 2009), nous avons joint M. Kuyo Téa, chef de cabinet qui a confirmé avoir reçu les deux SMS de Mme Mété. Après avoir touché le chèque de MTN, le même jour de la réception, Mme Gomé a vidé le compte le 4 décembre et il n’y avait pas un seul sou dans ce compte logé à la COBACI jusqu’au 3 février, jour de son arrestation. Elle a restitué 43 millions FCFA à Mme Mété et les 22 millions ont été versés lors de son déférement. Mme Gomé a fait greffer la demande de don à l’audience du DG de MTN à l’insu du chef de l’Etat. Elle a fait des courriers à dessein. Ce sont des manœuvres frauduleuses”, a rmartelé le procureur Diakité qui a requis 12 mois de prison ferme et 300 mille FCFA contre Mme Gomé pour qui les faits d’escroquerie sont établis malgré la restitution entière des 65 millions FCFA. En revanche, le parquetier a demandé la relaxe pure et simple, pour délit non établi, de Mme Mété.

Me Kouassi Murielle, avocat du président de la République a, quant à elle, demandé au tribunal de condamner Mme Gomé solidairement avec Mme Mété à des peines privatives de liberté et à un franc symbolique pour avoir sali l’honneur et la dignité du chef de l’Etat qui avait placé toute sa confiance en son ex-secrétaire depuis 9 ans.

Dans une laborieuse plaidoierie, les avocats de Mme Gomé ont demandé la relaxe de leur cliente “qui a agi par naïveté dans cette affaire en faisant confiance à Mme Mété”.
A la suite de son avocate, Me Angyeman, qui a plaidé non coupable, Mme Mété, en pleurs, a imploré la clémence du tribunal en ces termes : “Je vous demande de me relaxer car mes enfants sont seuls à la maison”.

L’avocat de la société MTN a présenté les excuses du DG, M. MPoré Aimable, qui, selon ses dires, a reçu lundi, dans l’après-midi, la convocation de la justice. “Il n’est pas là à ce procès mais je peux pas dire s’il est parti ou pas. Recevez ses excuses, Monsieur le Président”, a déclaré le conseil de MTN.

Didier Kéï (Notre Voie)

 

Affaire 65 millions de Mtn : 5 ans de prison... pour Mme Gomé et sa complice • Le juge s’est montré plus sévère que le Parquet qui avait requis 1 an

Le tribunal des flagrants délit est allé au delà des douze mois d’emprisonnement requis par le procureur de la République, contre la principale inculpée. Cinq années d’emprisonnement ferme assorties d’une amende de 300.000 F, de dix ans de privation des droits civiques et d’une interdiction de paraître et de séjour pendant cinq ans ! Telle est la peine infligée hier sur le coup de 14 h, par le tribunal des flagrants délits d’Abidjan à Mmes Gomé Gnohité née Bléhon Emilienne, secrétaire particulière du Président de la République et Umviga épse Metté Elise. Si la première a été déclarée coupable d’escroquerie, la seconde a été sa complice dans la commission du délit. Le tribunal qui a fait droit à la requête du Président de la République a aussi condamné les deux femmes à lui payer chacune à titre de dédommagement, le franc symbolique.

Source Fraternité Matin.

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