PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE Ce que cachent Gbagbo et Soro

BAMBA Idrissa Soir Info; mai 8, 2010

Le contentieux électoral, selon le communiqué conjoint du premier ministre et du président de la Commission électorale indépendante (Cei) du 2 mai 2010, reprend en principe le lundi 10 mai 2010. Ce communiqué qui n’est pas du goût des opposants réunis au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), est le fruit d’intenses négociations d’une part, entre les signataires de l’Accord politique de Ouagadougou (Apo), c’est-à-dire, le chef de l’Etat Laurent Gbagbo et le premier ministre-secrétaire général des Forces nouvelles (Fn), Guillaume Soro. Et d’autre part, entre Guillaume Soro et Youssouf Bakayoko, le président de la Cei. Ces négociations, selon des informations, sont le fruit d’un ‘’Gentlement agreement’’ entre le chef de l’Exécutif et celui du gouvernement. Cet accord qui n’est pas loin d’être un jeu caché entre Gbagbo et Soro, peut se résumer à travers le refrain d’une chanson de la reggae-star, Ticken Jah Fakoly : ‘’Tu me laisses la Tchétchénie, je te laisse l’Afghanistan’’. En clair, révèle notre source, des négociations qui ont suivi la rencontre entre le chef de l’Etat et le premier ministre le dimanche 11 avril 2010 au Palais présidentiel, a découlé une décision qui gêne le moins possible l’une et l’autre partie. Le chef de l’Etat aurait obtenu du premier ministre, la possibilité de prendre en compte les revendications du camp de celui-ci. D’ailleurs, c’est ce qui explique la nouvelle mouture du mode opératoire du contentieux électoral. Une mouture appréciée par la majorité présidentielle (Lmp) et rejetée par l’opposition. Quant au premier ministre Guillaume Soro, en contrepartie, il aurait obtenu du chef de l’Etat, la cessation des attaques en règle du camp présidentiel contre sa personne et contre les Forces nouvelles. Mieux, le secrétaire général des Fn, ne sera plus ‘’bousculé’’ en ce qui concerne le désarmement de ses soldats. Le ‘’deal’’, malheureusement, semble créer des problèmes. D’autant plus que l’opposition politique refuse le déroulement du contentieux électoral, sous sa nouvelle forme. Elle dit qu’elle n’a pas été consultée dans l’élaboration du nouveau mode opératoire. Dans la situation actuelle de bras de fer entre la primature-Cei et les opposants, le chef de l’Etat, on pourrait le penser, se frotte les mains. Avec le communiqué conjoint publié il y a quelques jours, Laurent Gbagbo vient, selon des observateurs, de retourner une fois de plus, le processus électoral en sa faveur, après le remplacement de Beugré Mambé à la tête de la Commission électorale indépendante. Aujourd’hui, le premier ministre devra faire face à la fronde de ses ex-camarades du G7 (Groupe des sept signataires de l’Accord de Linas Marcoussis). Une autre situation qui va certainement retarder encore le processus de sortie de crise.

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