Nouveau Président du Conseil Constitutionnel - Paul Yao N'DRÉ: La patrie ou le parti ?

Le chef de l'Etat de Côte-d'Ivoire Laurent Gbagbo, vient de confier les clés du conseil constitutionnel, organe suprême de décision en matière constitutionnelle et électorale, de son pays au professeur Paul Yao Ndré. La politique reste décidemment une sorte de jeux de foot où l'on ne fait la passe á son adversaire que par erreur. L'analogie est du président Gbagbo lui même. Cela laisse donc comprendre que Laurent Gbagbo entend utiliser Yao Ndré comme une pièce essentielle du puzzle électorale du FPI. Bien évidemment entre un voeux et sa réalisation, il y a souvent, surtout en politique, tout un monde.

Dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs par les différents accords de paix, le président Gbagbo n'a jamais écarté l'idée d'un passage en force pour s'assurer un autre mandat. La nomination de son directeur de campagne pour Hiré au poste stratégique de président de la cour constitutionnelle, participe d'une stratégie bien huilée pour une reconquête moins calamiteuse du pouvoir d'état.

Intellectuellement, nulle ne doute de la capacité de Yao Ndré, ce professeur agrégé de droit International, a mener á bien la tache a lui confiée. Le mandat du juge Yanon Yapo étant arrivée á son terme, il fallait nommer un autre ivoirien au poste. La nomination du président de cette institution obéit donc plus á une raison d'état, qu' á toute autre vision philanthropique, qui mettrait Laurent Gbagbo dans le rôle de dieu qui choisit son prophète..

Politiquement, c'est de la lapalissade que de penser et de croire que, le FPI n'espère aucune dividende de ce deal aux relents tragiques d'un "win-win" politique.

La récente cérémonie de prestation de serment, permet de décrypter facilement la clef du code secret qui scelle le destin des ivoiriens.

D'abord Laurent Gbagbo se braque. Il se défend d'une accusation de clientélisme que ses adversaires n'ont pas formulée directement. Il n'y a que la presse proche des deux camps qui a cru bon de se fendre des commentaires des plus débridés sur la question. A cette accusation informelle, Laurent Gbagbo a cru bon de donner une réponse officielle. "Yao Ndré est mon ami, on l'appelle Pablo et je l'ai nommé et puis après..." avait t-il répondu. La démocratie ivoirienne a pris un coup de froid dans le dos á entendre ces paroles, á la lisière du chantage et de l'intimidation, d'un homme qui a toujours revendiqué être un "enfant des élections". Les charmeurs de serpents ont souvent la vie trouble car conscients de la capacité de destruction des animaux avec lesquels ils travaillent. Avec la nomination de Paul Yao Ndré, éminent juriste, Gbagbo se fait cadeau d'un destin de charmeur de serpent pour au moins deux raisons:

Premièrement, Yao Ndré, brillant universitaire et ancien ministre ayant une connaissance parfaite du contenu de la boite á pandore qu'est devenu le monde politique ivoirien, ne doit sa nomination qu'á sa connaissance parfaite du droit de notre pays. Ni Guy Labertit, ni Geneviève Bro Grebé ne pouvaient prétendre á un tel poste malgré leur coefficient de militantisme au PFI qui est des plus élèves. C'est donc d'abord par mérite et ensuite par sa nationalité ivoirienne que Yao Ndré accède á ce sacro-saint institutionnel de notre pays. Ceci est révélateur. Yao Ndré est libre et n'a de dette envers personne si ce n'est la république qui l'envoie en mission pour six ans et notre texte sacré de constitution fait bien de le rendre inamovible pendant toute la durée de son mandat. Par ce fait, il détient l'ultime passeport pour être un homme juste et droit qui a sur un plateau d'or l'opportunité replonger un pays et ses 20 millions d'habitants sur les chemins de la croissance et sur les chemins obliques de l'abjection et du cauchemar.

Deuxièmement, le président du conseil constitutionnel est un homme de droit et juge qui connait la valeur d'un serment, qui mesure le poids des décisions á prendre. Ses premières déclarations dans la presse sont satisfaisantes. L' homme de droit se démarque nettement de sa chapelle politique et assume courageusement son destin national, son destin de juge de la plus importante décision de l'histoire de notre pays. La Côte-d'Ivoire a ainsi, mis entre les mains de Paul Yao Ndré une mère poule avec pour instruction de bien la nourrir, la protéger de sorte que sa progéniture nourrisse les futures générations d'ivoiriens.

Il y a une seule façon de trahir cet objectif. Celui de manger la poule. Volontairement ou sous impulsion, pour le parti ou contre la patrie. Voici les termes du dilemme.

On regarde!

Bakus vous salut

le Journal de Connection • Catégorie : Le Journal de Connection Ivoirienne.

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Commentaires (1)

1. mamadou 15/12/2010

en lisant votre article, je me suis dit, ah ben voila ke ce mec s'est trompé. En fin de compte la poule a mangé ses poussins sur lesquels elle devait veiller. Ecoutez n'est pas DDC qui veut. On choisit ses incoditionnels à ces postes la. Alors yao ndre le bourreau de la cote d'ivoire n'allait jamais trahir son maitre. A entendre son maitre LG, on devinerait ce qui allait se produire. Resultat = nous sommes dans la tourmente

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