NOIR-SOMBRE, LE CRÉPUSCULE IVOIRIEN : Quel héritage aux générations futures ?

La Côte d´Ivoire est depuis bientôt vingt (20) ans à la croisée des chemins. Depuis vingt (20) ans maintenant que notre pays, la Côte d´Ivoire, est tourmenté par les convulsions intempestives et autres desseins noirs repartis au prorata entre la jungle politique qui le domine. Il ya vingt (20) ans aujourd´hui que la Côte d´Ivoire est victime de la volonté démesurée de grandeur et de puissance de ses hommes et femmes politiques.
Maintenant, la Côte d´Ivoire s´enfonce inexorablement dans l´abime de l´ambition humaine.

Dans un pays où l´ambition politique l´emporte sur la conviction politique, il est évident que la scène du théâtre politique ivoirien porte les symptômes désespérés de la dislocation et de la déshumanisation de son tissu social. Résultat de l´intolérance politique et humaine de nos gros bras en action. Tous, des gros bras politiques Ivoiriens insoupçonnés de la désinvolte et du désarroi communautairement consommés. Et pourtant, ils sont tous autant détestables qu´intolérables. Du désespoir à la désolation, le décor que présente notre pays est désormais noir-sombre. Sans réelles perspectives prometteuses de sortie de crise.

À l´éclatement de la rébellion armée en septembre 2002, la Côte d´Ivoire se portait déjà très mal alors que Laurent Gbagbo est apparu à tête du pays en octobre 2000 dans des conditions « calamiteuses ». Rien ne fut entrepris pour épargner la Côte d´Ivoire du désastre communautaire perceptible. Dans le ris de la course au pouvoir, les héritiers et autres successeurs d´Houphouët Boigny n´avaient de volonté que de ramener tout ce qui touche à la Côte d´Ivoire à leur seule et petite personne aux dépens de la grande masse populaire, désœuvrée, démunie et désuète.
Une masse populaire grandement désorientée et qui ne semble pas encore avoir compris le tort inqualifiable dont elle se fait complice. Une telle masse populaire n´est plus à aider si elle ne se décide pas à arrêter de donner sa caution et ne cesse pas de jouer sa participation au jeu macabre de la destruction planifiée de la nation ivoirienne.

Pendant combien de temps encore les Ivoiriens continueront à se refugier derrière cette indifférence pour faire le lit de la dégénérescence de leur propre société ?

Cette résignation collective nous apparait comme un pacte passé avec le diable pour rompre d´avec les grandes valeurs comme la paix, la liberté, la justice, l´équité, l´égalité des chances et de tous devant la loi, le mérite, le progrès social et le bien-être. Ces grandes valeurs sociales et humaines, qui dans leur avènement, engagent définitivement l´humanité des hommes dans le processus de développement économique et structurel de proximité.

Ce sont ces grandes valeurs sociales et humaines, qui se posent comme des fondamentaux irréfutables à la vie en communauté pour donner à chacun des Ivoiriens sa chance de chercher les solutions aux nombreuses exigences de son quotidien, qui manquent aux hommes politiques et autres leaders d´opinion dans notre pays.

Ce sont finalement ces grandes valeurs sociales et humaines qui sont le socle de la coexistence pacifique entre les hommes. Ces grandes valeurs sociales et humaines ont le mérite indiscutable d´engager les êtres humains que nous sommes, permanemment sur la voie de la paix, de la tolérance dans un simple besoin de s´accepter et se respecter mutuellement. Ces grandes valeurs humaines et sociales étant devenues une rare denrée, qui manque tristement dans les agissements de nos hommes et femmes politiques ou autres leaders d´opinion dans notre pays, il se pose à nous la problématique de définir un nouveau contrat social d´une part entre les Ivoiriens et d´autre part entre les Ivoiriens et les étrangers vivant dans notre pays.

Ce nouveau contrat social entre tous les habitants (nationaux et étrangers) de la Côte d´Ivoire doit être le garant du code de conduite communautaire pour donner à la constitution de notre république sa chance d´influencer la vie des citoyens. Ce nouveau contrat social entre Ivoiriens, une sorte de « MANIFESTE DE LA VIE COMMUNAUTAIRE » dans notre pays, doit être le résultat d´une « CONCERTATION NATIONALE » pour tenir compte dans sa formulation des différentes opinions existantes en Côte d´Ivoire. Ce sera donc le lieu du renforcement dans la durée des acquis de notre jeune démocratie tout en recherchant constamment à améliorer les imperfections de la vie entre les hommes. Car notre différence fondamentale vient du simple fait que nous sommes des hommes évoluant souvent dans des environnements locaux qui s´excluent et se rejettent. Ce qui parait être une coutume à l´ouest de la Cote d´Ivoire peut ne pas l´être à l´est ou au sud et vice versa. Ce sont ces rencontres de cultures différentes les unes des autres qu´il nous faut harmoniser dans l´espoir de construire une « NATION IVOIRIENNE » qui représente et défend les intérêts supérieurs de notre « COMMUNAUTÉ NATIONALE ».

Vivre ensemble dans un environnement débarrassé de toutes craintes sociales passe par la reconnaissance de ces valeurs dans notre société pour concéder aux autres la possibilité d´avoir une opinion différente de la nôtre. Donner la possibilité aux autres de s´exprimer autrement est synonyme de leur donner la possibilité de se découvrir pour être capable de faire leur propre mea-culpa. Sans lequel, ils ne sauront jamais apprécier à sa juste valeur la gravité de leurs forfaits tant décriés par tous. Et ce n´est pas étonnant s´ils persistent dans ces erreurs et autres comportements qui compromettent de façon gravissime l´avenir de toute la nation ivoirienne. Laissant ainsi aux générations futures un héritage, envenimé et empoisonné, difficilement gérable.

Malheureusement, nous sommes là encore à nous tirailler quant à ce qui regarde le sens commun à donner à la sortie de crise. Une crise qui finalement fait l´affaire de tous ceux qui prospèrent dans le désordre et le cafouillage. Mais aussi et surtout une crise qui fait finalement l´affaire de tous ceux qui prospèrent dans l´amertume et le malheur de leurs propres concitoyens.

Nous revoilà à la case de départ

Celle là qui nous avait obligés à prendre les armes pour revendiquer notre identité ivoirienne. Cette case de départ qui nous avait obligés à refaire notre constitution en 2000 pour l´accommoder aux réalités de son temps. Des réalités rapidement dépassées, qui se révèlent finalement à nous comme un os dans la gorge de la Côte d´Ivoire. Cette case de départ qui nous a emmenés à conclure l´accord politique de Ouagadougou, après avoir parcouru le monde entier, à la recherche de remèdes édifiants dans la résolution de notre palabre nationale.

Peine perdue, car ce n´est pas pour demain l´espérance tant recherchée pour remettre le pays sur la voie de son unité et sa cohésion sociales nationales. Peine perdue, car les Ivoiriens doivent attendre encore longtemps pour voir émerger une autre race d´hommes politiques qui mettent l´homme tout court au centre de tout projet. Qu´il soit politique, économique ou social. Cette race d´hommes et de femmes politiques Ivoiriens soucieux de l´intérêt supérieur de la nation. Encore qu´il faut sérieusement douter et de la volonté et de la capacité des Ivoiriens à engager leurs nombreuses tribus dans la formation d´une communauté nationale. Une nation dans laquelle chacun s´accorde à reconnaître le mérite de l´autre.

Les hommes vivent généralement au présent la somme de leurs expériences du passé. Mais, il nous faut bien croire que notre pays n´a pas compris la nécessité d´apprendre de ses échecs répétés pour s´octroyer les moyens nécessaires et indiqués à éradiquer son malaise social. Comme Laurent Gbagbo l´a dit, le temps c´est l´autre nom de Dieu. Nous lui rétorquons pour dire que l´autre nom de l´école de la vie c´est l´apprentissage. Parce qu´il n´y a pas d´âge limite pour apprendre, Laurent Gbagbo doit apprendre ici et maintenant à reconnaitre qu´il a échoué dans sa volonté de contribuer à l´édification de la nation Ivoirienne. Il importe donc qu´il apprenne de ses expériences entachées de nombreux échecs en un si court temps pour libérer le pays des souffrances qui fragilisent le citoyen Ivoirien dans son quotidien.

L’Échec de la génération Gbagbo – Les dictatures

Le fauteuil présidentiel en Côte d´Ivoire ne vaut pas plus que la vie des citoyens Ivoiriens. Malheureusement, Laurent Gbagbo par ces agissements nous prouve le contraire. Laurent Gbagbo qui coule des larmes chaudes à ne pas en finir à chaque incident malheureux, dans lequel des ivoiriens perdent leur vie, nous donne l´impression de s´accrocher farouchement au fauteuil présidentiel avec l´intention de réinstaurer une dictature héréditaire en Côte d´Ivoire.

Sinon quelle interprétation crédible peut-on réellement faire, d´une part, de la dissolution du gouvernement d´union nationale et de la CEI qui ont à charge de réorganiser le pays dans tous ses compartiments en vue de le remettre sur la voie de la sérénité économique et la reconduction de Soro Guillaume comme premier ministre d´autre part ?

Ceux qui sont le problème de la Côte d´Ivoire actuellement

Le mal qui use actuellement la Côte d´Ivoire tire principalement ses origines du manque criard de perspectives pour l´avenir. Tout le monde pense se consoler dans le cafouillage administratif ambiant pour répondre aux exigences de son quotidien. L´alibi tout trouvé reste la rébellion armée conduite par Soro Guillaume. Cette rébellion, qui sonne comme un raccourci politique emprunté par cette frange de la population ivoirienne pour empêcher l´avènement d´un mieux-être et du progrès social en Côte d´Ivoire, est le signe à n´en point douter de la marche à reculons que connait la Côte d´Ivoire depuis huit (8) ans maintenant.

Laurent Gbagbo président de la république, Soro Guillaume premier ministre, c´est comme si c´était la fin des problèmes politico-socioéconomiques en Côte d´Ivoire. C´est tous les matins que l´on nous rappelle à souhait les acquis de l´accord politique signé en mars 2007 à Ouagadougou sous l´œil bienveillant de Blaise Compaoré, inspirateur et soutien de la rébellion armée. C´est ce même Blaise Compaoré qui joue aussi le rôle de facilitateur et de médiateur dans la résolution de la crise ivoirienne. Pourtant, ce tandem Gbagbo-Soro est obligatoirement le pacte des démons pour enfouir tout espoir de renaissance de la Côte d´Ivoire.
Deux hommes une même ambition, celle qui ramène tout à leur seule et petite personne. Il n´est pas inutile d´insister et de rappeler cela pour que les Ivoiriens le comprennent une fois pour Les rebelles, dès que leurs dérives prennent la forme d´un bras de fer entre eux et le camp présidentiel, c´est automatiquement qu´ils se retranchent à Bouaké pour injecter dans le processus de sortie de crise du venin très dangereux pour la cohésion et l´unité nationale en Côte d´Ivoire. Mais surtout pour cracher du venin hostile à l´intégrité et la réunification du territoire Ivoirien, du venin aussi sur l´inviolabilité de la souveraineté et l´indépendance de notre pays. De leurs atermoiements et autres tergiversations dépendent désormais la quiétude des Ivoiriens et de tous ceux qui vivent en Côte d´Ivoire.

Soro Guillaume et Konaté Sidiki savent pertinemment que toute la démarche de Laurent Gbagbo consiste à se maintenir au pouvoir par tous les moyens, peu importe les conséquences prévisibles comme imprévisibles d´une telle intention, alors ils se jouent de lui sur le long terme avec l´espoir de le dévoyer et de l´exposer publiquement. Chose qu´ils sont en train de réussir lentement mais surement. Et cela leur permettra de sûrement atteindre leur objectif de bouter Laurent Gbagbo du palais présidentiel au Plateau pour y installer le commanditaire avéré de leur rébellion armée. Chose qu´ils n´ont pu atteindre par les armes.

Avec la dissolution du gouvernement et de la CEI, on aurait pu dire que Laurent Gbagbo a pris une décision courageuse pour une fois, durant son règne depuis le déclanchement de la rébellion armée en Côte d´Ivoire. Mais le hic dans cette situation, c´est qu´il le fait très tardivement. Ici, le « mieux vaut tard que jamais » ne saurait nous contenter. Et ce, non seulement la rébellion a poussé des racines désormais difficilement indéracinables. En plus elle a eu le temps nécessaire de se financer solidement pour avoir les moyens de son armement.

Deux Etats ivoiriens

Aujourd´hui, nous assistons à la coexistence de deux Etats Ivoiriens avec deux armées et deux administrations indépendantes les unes des autres. Dans les zones assiégées par la rébellion, les commandants de zone et autres chefs de guerre font la pluie et le beau temps au grand dam de la signature du chef de la branche politique de cette rébellion. Signature apposée sur l´accord inter-Ivoirien de paix signé à Ouagadougou dans le but de ramener la paix en Côte d´Ivoire. Ce n´est pas un hasard si Cherif Ousmane et Koné Zacharia donnent de temps à autre de la voix qui s´apparente à la discorde et aux divergences de point de vue au sein de leur confrérie pour faire croire aux non-initiés que le torchon serait en train de bruler entre la branche politique et la branche militaire de la rébellion. Tout simplement non. Parce qu´il s´agit là d´une manœuvre de diversion de très mauvais goût pour maintenir le pays dans la partition prolongée.
La crise Ivoirienne est toute particulière à sa façon. De même que toute la composante ivoirienne est caporalisée et prise en otage à l´intérieur des limites du territoire Ivoirien, de même cette crise a rattrapé les ivoiriens de la Diaspora.

La Diaspora

Partout dans le monde, ils sont nombreux ces Ivoiriens qui alimentent les débats sur la fracture sociale dans notre pays de la même manière que les partis politiques en Côte d´Ivoire. Participant ainsi mais de façon inhumaine et dangereuse à l´effritement du tissu social. Cette attitude, de la diaspora Ivoirienne à travers le monde, se fait le complice de l´effondrement de la nation Ivoirienne pour maintenir tout un peuple dans la guéguerre des héritiers et autres successeurs d´Houphouët dans leur lugubre volonté de conquérir le pouvoir d´État et sa gestion même quand les conditions de leur avènement s´y prêtent le moins possible.

Les partis politiques Ivoiriens sont généralement à la base d´un tel déchirement entre nationaux d´une même nation. Partout où les partis politiques Ivoiriens sont représentés, c´est généralement dans la même cacophonie et le même folklore opérationnels qu’en Côte d´Ivoire que leurs différents militants fonctionnent pour ne pas sacrifier à l’ode de militants partisans. Cette diaspora, dans bien des cas, reprend le refrain du chant de la division sociale et de la haine de l´autre. Les voilà qui se regardent désormais en chiens de faïence pour empêcher toute tentative commune de recherche de partenaires et autres investisseurs intéressés par le développement économique de notre pays.

La société civile Ivoirienne qui devrait s´attacher irréversiblement à son indépendance de tout pouvoir politique, qu´il soit de gauche, de droite ou du centre, joue elle aussi sa partition avec les prises de positions partisanes ou suscitées des responsables des différentes organisations qui la composent. Ce qui rend plus compliquer la recherche des voies de résolution de la crise. Chacun dans cette crise joue son rôle pourvu que cela satisfasse son obédience politique et autres accointances idéologiques. Pendant ce temps, le pays se meurt et sa pauvre population git pantelant sous le poids de la misère grandissante. Pendant ce temps, le fossé social entre riches et pauvres s´agrandit énormément tous les jours. Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres deviennent de plus en plus pauvres. À la grande satisfaction de ceux qui veulent maintenir le pays dans une telle posture pour subordonner leurs concitoyens. Chose dont tout aboutissement dessine parfaitement l´éternelle main tendue et l´infantilisation des moins nantis.

La majorité Présidentielle (LMP) et le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) en Côte d´Ivoire doivent comprendre que la Côte d´Ivoire est appelée à survivre à leurs soubresauts et autres convulsions politiques du moment. Pour cela, ils se doivent de trouver les moyens adéquats de remettre le pays sur la voie de sa stabilité. Seule solution capable de donner à l´Ivoirien tout court la quiétude et la sérénité nécessaires pour pouvoir faire face aux nombreux défis de son quotidien. Et la solution à ce cauchemar communautaire que vit à présent notre pays et ses habitants appelle nécessairement à la refondation franche et honnête de la nation Ivoirienne dans un élan patriotique.

Cet élan patriotique dans lequel l´on ne se rejette pas simultanément la responsabilité de l´effondrement de la nation Ivoirienne. Bien au contraire, dans cet élan patriotique soutenu par l´idée d´un nouveau contrat social entre Ivoiriens, il sera question pour chacun de reconnaître avec honneur et dignité sa part de responsabilités dans l´affaiblissement de notre communauté de biens. C´est seulement de cette façon que pourra naitre en Côte d´Ivoire une nouvelle mentalité qui tire sa source dans la reconnaissance des idéaux républicains. C´est seulement dans cet élan communautairement patriotique que chacun saura jouer le rôle sien dans le repositionnement de la nation Ivoirienne avec un seul un pilier primordial : la défense de l´intérêt supérieur de la Nation Ivoirienne.

Une nation qui passe loin, très loin devant nos égos.

Jean Dékpai
Rédacteur en Chef du Journal de Connectionivoirienne.net

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