Marche de protestation : 5 MORTS ET PLUS DE 20 BLESSES PAR BALLE A GAGNOA

Fraternité Matin:

Répondant au mot d’ordre de contestation contre la dissolution de la Commiossion électorale indépendante (CEI) et du gouvernement, les militants du Rassemblement des Houphouétistes pour la paix et la démocratie (RHDP) ont paralysé, ce vendredi 19 février, la ville de Gagnoa (centre ouest de la Côte d’ivoire).C’est à 6 heures du matin que les manifestants du Rassemblement des Houphouétistes pour la paix et la démocratie (RHDP) ont commencé à se rassembler, précisément à Dioulabougou, bastion du RHDP à Gagnoa.

Ces derniers ont, ensuite, placé des barricades puis brulé des pneus aux principaux carrefours menant à ce quartier; avant d’être dispersés par la Police. D’abord, à coups de grenades lacrymogènes, et ensuite, par des tirs en l’air de pistolets automatiques.

Vers 10h 45, le calme est revenu dans la ville. Cependant, au CHR de Bouaké, on dénombrera six (6) morts et plus d’une vingtaine de blessés par balle parmi les manifestants.

Mouhamed Fadiga (correspondant à Gagnoa)



«La marche avait été interdite, il y a eu des échanges de tirs»
Recueilli par Sylvain Mouillard liberation.fr

Deux habitants de Gagnoa, une ville de Côte d’Ivoire où des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs morts ce vendredi, ainsi que le responsable de la Ligue ivoirienne des Droits de l’Homme, témoignent sur Libération.fr.


André Kamaté, président de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme. «On a eu des informations par notre responsable sur place. C’était une manifestation organisée par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), un parti d’opposition. La marche avait été interdite par les autorités locales. Selon notre correspondant, il y a eu des échanges de tirs, c’est-à-dire que les deux parties étaient impliquées. Il confirme qu’il y a eu des blessés, mais n’est pas en mesure de confirmer les morts. Il continue ses investigations.»

Krihoua Franck Privat, responsable du diocèse de Gagnoa. «La manifestation a commencé à 9 heures ce matin, dans le quartier de Dioulabougou. Je ne suis pas rentré à l’intérieur, mais j’ai pu assister à certaines scènes. Des jeunes manifestaient pour exprimer leur mécontentement. La police a tiré des bombes lacrymogènes, puis on a entendu des coups de fusil. On ne sait pas qui a tiré, ni qui a commencé. Ça a duré environ une heure, et à 11 heures, un calme total était revenu dans la ville. Depuis, les gens ne sortent plus de chez eux. Je suis allé à l’hôpital central, où on m’a dit qu’il y avait au moins cinq morts et des blessés. Certaines familles étaient là, à côté des corps des défunts. Selon le bruit qui court, il pourrait y avoir de nouveaux rassemblements ce soir.»

Dominique Degrou, habitant de Gagnoa. «En se rendant en centre-ville ce matin, les gens ont constaté que tout était fermé. Il y avait beaucoup de manifestants, la police a dû appeler des renforts. Ils ont tiré des bombes lacrymogènes pour mettre fin à l’agitation, puis il y a eu des tirs. On croyait au début que la manifestation était organisée pour protester contre les coupures d’électricité, mais en fait il semble que c’était pour des raisons politiques.»

ABIDJAN — (AFP) Plusieurs personnes sont mortes vendredi à Gagnoa, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, au cours d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants opposés au président Laurent Gbagbo, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon des sources hospitalières, interrogées par téléphone par l’AFP depuis Abidjan, des manifestants ont déposé dans la matinée trois corps au centre hospitalier de la ville.

Les victimes ont succombé à des blessures par balles, a affirmé l’une de ces sources, faisant également état d’un blessé grave.

Une source policière a confirmé « des morts », mais sans préciser leur nombre ni à quel camp appartenaient les victimes.

« La police et la gendarmerie ont chargé les manifestants en tirant à balles réelles », a déclaré Gildas Konan, coordinateur local du mouvement de jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’un des principaux partis d’opposition.

La marche avait démarré tôt vendredi matin pour réclamer le « rétablissement » de la Commission électorale indépendante (CEI) dissoute le 12 février en même temps que le gouvernement par le chef de l’Etat, a-t-il indiqué.

Depuis le début de la semaine, des manifestations d’opposition, parfois émaillées de violences mais jusque-là sans mort, ont eu lieu à travers le pays contre la double dissolution.

Le Premier ministre reconduit, le chef de l’ex-rébellion Guillaume Soro, a désormais jusqu’à samedi pour former un nouveau gouvernement.

La police ivoirienne tire contre des manifestants, des blessés (Reuters)

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des centaines de manifestants à Gagnoa, un ville du sud de la Côte d’Ivoire, faisant de nombreux blessés.

De source médicale, on a déclaré que des dizaines de personnes, pour la plupart blessées par balles, étaient soignées à l’hôpital local.

Il s’agit des dernières violences en date depuis que le président Laurent Gbagbo a dissous vendredi dernier le gouvernement et la commission électorale.

Cette décision a ajourné de fait les perspectives de tenue en mars d’élections présidentielles maintes fois reportées depuis 2005, suscitant la colère de l’opposition.

Loucoumane Coulibaly, version française Marc Delteil

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