Laurent Gbagbo, invité des rédactions de Fraternité Matin

Dans le cadre de la célébration des 45 ans de Fraternité Matin, le quotidien pro gouvernemental a eu l'insigne honneur de recevoir, hier, dans ses locaux le chef de l'Etat, le président Laurent Gbagbo. Invité des rédactions du jour, le 10e et dernier de l'année en cours à passer à cette tribune de libres échanges, il s'est prêté volontiers au jeu de questions réponses avec les journalistes qui ont effectué nombreux le déplacement pour la circonstance. Nous vous proposons de larges extraits des réponses qu'il a eu à donner aux nombreuses questions qui lui ont été posées.

Le regard sur la marche de Fraternité Matin et sa privatisation
(…) Pour le lancement de Fraternité Matin, il y a eu une tombola. Je n'ai plus en tête celui qui a gagné mais c'était un de nos amis qui avait gagné un million. A l'époque, ça nous semblait faramineux. Celui qui avait gagné cette somme nous semblait immensément riche. (…) Mais c'est la deuxième fois que nous avons parlé de la privatisation de Fraternité Matin. Ce n'est pas un débat qu'on peut cacher. Quand je regarde les pays où la presse est développée, où elle est libre, je ne vois pas de journal papier qui appartient à l'Etat. Que ce soit en Europe occidentale, en Amérique du Nord, il n y'a pas de journal papier qui appartient à l'Etat. C'est pourquoi j'ai mis à l'ordre, dans un de mes conseils de ministres, la privatisation de Fraternité Matin. Je pense que c'était un acte de modernité et un acte de modernisation de l'Etat. Mais je n'ai pas eu de majorité au conseil des ministres pour appliquer cette décision. En conseil des ministres, c'est le président qui décide. C'est sa décision qu'on prend comme résultat des débats du conseil. Mais si le conseil a lieu, c'est pour que le président lui-même écoute ceux qu'il a nommés. J'ai posé le problème, tous ceux qui étaient présents ont souhaité qu'on laisse Fraternité Matin en l'état. Nous l'avons laissé en l'état.

Dépénalisation des délits de presse
" (…) je lance un appel aux journalistes. D'abord, nous n'avons pas dépénalisé les délits de presse. Nous avons supprimé la peine d'emprisonnement. Parce que les sanctions pénales sont des peines. Et je regrette que les magistrats n'utilisent pas très souvent ces peines pour décourager certains journaux qui écrivent n'importe quoi. Moi, j'ai estimé que ce n'était pas la peine de mettre quelqu'un en prison à cause de ce qu'il pense. J'ai moi-même été en prison à cause de ce que je pense. J'ai des amis, mon ami Aboudrahamane Sangaré a été deux fois en prison parce qu'il était Directeur de publication de Nouvel Horizon et La voie. C'était sale pour la Côte d'Ivoire. Je n'ai pas aimé ça. Donc nous avons décidé qu'on ne doit pas condamner un journaliste à des peines d'emprisonnement pour des idées qu'il émet. Nous l'avons fait. Mais au moment où nous le faisions, beaucoup de chefs d'Etat m'ont dit que ce n'était pas bon de le faire. Beaucoup de responsables politiques ivoiriens m'ont dit que ce n'était pas bon de le faire. Et que les journalistes allaient prendre cette liberté pour la licence, qu'ils n'allaient plus avoir de limite. J'ai tenu bon parce que c'est ma conviction profonde qu'il ne sert à rien de mettre quelqu'un en prison à cause de ce qu'il dit. Maintenant c'est vous qui devez me donner raison... Afin qu’on ne vienne pas me dire : "On t'a dit, tu ne nous a pas écoutés. Tu vois tous ceux-là qui écrivent n'importe quoi sur ton compte". Donc dans cette bataille, j'ai fait ma part. C'est aux journalistes de faire leur part. En faisant ma part, j'ai estimé que les journalistes allaient avoir un sursaut de responsabilité. Hier encore, j'ai lu des choses qui ne sont pas bien. (…) Je vous en prie, ne me donnez pas tort, parce que si vous me donnez tort, quand un autre président viendra, il va remettre les peines d'emprisonnement et on recommencera les mêmes ballets à la Maca. Pour vous-mêmes les journalistes, ne me donnez pas tort. Confortons la liberté de la presse au lieu de la mettre en péril.
La lutte politique : De la prison au pouvoir
Quand j'étais étudiant, il y avait le parti unique. Ce n'est pas parce qu'il y a le parti unique qu'il n'y a pas plusieurs pensées. La Côte d'Ivoire dont je rêve n'est pas la Côte d'Ivoire d'hier. J'entends souvent les gens dire, il faut qu'on revienne à la Côte d'Ivoire d'avant. Moi, je ne rêve pas de la Côte d'Ivoire d'avant et je ne veux pas qu'on revienne à la Côte d'Ivoire d'avant. Je veux qu'on rêve à une Côte d'Ivoire pacifiée et démocratique. Je veux qu'on atteigne une Côte d'Ivoire démocratique et prospère. Mais je ne veux pas du tout qu'on revienne à une Côte d'Ivoire d'avant parce que dans la Côte d'Ivoire d'avant, c'est nous qui étions en prison à cause de ce que nous pensons. Et je ne veux pas ça, je ne veux pas d'une Cote d'Ivoire où celui qui pense différemment de celui qui est au pouvoir va en prison. Et je ne suis pas le seul. (…) J'étais à Akouédo en 1969, nous avons fait quinze jours. A Séguéla, j'étais enseignant, j'avais eu des problèmes idéologiques avec le Pdci. J'ai été arrêté, j'ai fait deux ans. C'est à Séguéla et à Bouaké que j'ai connu Djéni Kobena qui était avec moi, Hoba Albert, Guéi Robert qui était capitaine à l'Efa. La leçon que j'en tire, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, je ne suis pas parmi ceux qui regrettent la Cote d'Ivoire passée. Je veux qu'on avance et pour avancer, il faut une Côte d'Ivoire prospère, démocratique. Il faut bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité. Il ne faut pas donner le sentiment aux gens que c'était bon avant. Ceux qui disent que c'était bon savent pourquoi ils le disent. Parce qu'ils n'étaient pas du côté de ceux qui allaient en prison. Ils étaient du côté de ceux qui siégeaient dans les instances où on amenait les gens en prison. Moi je n'étais pas dans ces instances-là. (…) Depuis que j'étais étudiant, j'étais opposant au Pdci-Rda, donc j'avais une ligne politique. Une chose est d'avoir une pensée politique, une autre est de structurer cette pensée dans une organisation.

Bilan des 9 ans de pouvoir
Une première chose qui frappe immédiatement, je ne savais pas que les gens allaient à la présidence pour demander l'argent. La présidence de la République est la plus grande caisse sociale informelle du pays et même de la sous région. C'est la première chose qui frappe dès que vous arrivez à la présidence. Dès que je suis arrivé, je suis tombé sur des listes des gens à qui on envoyait de l'argent par mois pour les soutenir. C'est une chose qui heurte l'esprit de l'universitaire qui arrive à la présidence. Mais de façon plus profonde, cette guerre qui a été faite, je ne parle pas de Soro Guillaume qui a rendu un immense service à la Côte d'Ivoire en se déclarant chef de la rébellion, en négociant avec moi, je ne parle pas de lui, je ne parle pas de tous ces jeunes gens, les Tuo Fozié, mais la conception même d'une guerre armée, j'ai été surpris de cette violence. Et aujourd'hui, les langues se délient petit-à-petit. Des gens parfois citent des noms. Je pense que d'ici dix ans, quinze ans, on aura fait le tour de la question et on saura ceux qui ont effectivement pensé cette guerre. Je voudrais, sur ce point, présenter des excuses aux Ivoiriens. Ils m'ont élu, ils m'ont confié leur destin et j'ai été assez naïf pour être surpris par une guerre civile. Je ne pensais pas que quelqu'un pouvait faire une guerre civile pour le pouvoir. Je ne pensais pas que des gens allaient tramer une guerre civile pour le pouvoir. Et sur ça, je voudrais présenter des excuses aux Ivoiriens. Mais ça ne se répétera plus ni avec moi ni avec quelqu'un d'autre. Parce que toutes les dispositions seront prises pour que la Côte d'Ivoire ne soit plus surprise par une guerre d'où qu'elle vienne. Toutes les dispositions sont en train d'être prises pour ça. Si tu veux la paix, prépare la guerre, je n'ai pas pris ça au sérieux. Or les Romains qui le disent avaient raison. Je comprends aujourd'hui pourquoi les pays développés ont des armées aussi puissantes. L'armée et la défense doivent être au niveau du niveau de développement qu'on a. La Côte d'Ivoire est en Afrique de l'Ouest un pays de référence, sa défense doit être une défense de référence. Les mesures sont prises pour ça. C'est la seule chose pour laquelle j'ai été surpris. Evidemment cette chose a eu des conséquences, mais pour le reste on a déroulé assez normalement. Nous avons commencé à appliquer la décentralisation qui nous semble une chose d'une modernité indéniable. Quand un pays ne fait pas la décentralisation, il n'avance pas. Nous avons voté la loi sur l'assurance maladie universelle, elle est bloquée, on ne l'a pas appliquée. Mais elle sera appliquée forcement. Pour la Côte d'Ivoire, il faut qu'elle soit appliquée.

Etats généraux des routes et du transport
(…)Vous avez raison de dire qu'il faudrait faire les états généraux tout court. Si on ne transporte pas les hommes et les biens, il n'y a pas d'économie. La production n'est rien sans le déplacement des hommes et des biens. Le capitaine Houdaille qui a fait des études à la fin du 19e siècle pour le port d'Abidjan et qui a trouvé cet emplacement dans la lagune, a fait en même temps des études pour les rails et pour les principales routes menant à l'intérieur du pays. Donc il n'y a pas d'économie sans moyen de transport. Il faut donc faire les états généraux du transport.

Regard sur les mouvements sociaux, les grèves
Notre pays a connu la guerre en 2002. Mais notre pays a connu la crise de 2002 à maintenant. Le dernier acte pour sortir de la crise, c'est d'aller aux élections. Ces mouvements sociaux, surtout la grève des greffiers freine notre avancée vers les élections. Nous ne pouvons pas l'accepter. Mais avant toute chose, je voudrais dire que les efforts que nous avons fait à la tête de l'Etat ivoirien pour l'amélioration des revenus des fonctionnaires n'ont pas d'équivalent dans l'histoire de la Côte d'Ivoire indépendante. Je vais donner quelques chiffres. En 2001, le budget était de 1300 milliards. Aujourd'hui il est de 2500 milliards parce que nous avons réussi à avoir des sources de revenus autres que le café et le cacao, notamment avec le gaz, le pétrole. Mais la masse salariale est de 814 milliards soit 45% du budget. C'est trop. La norme de l'Uemoa, c'est 25%. Mais pour satisfaire les fonctionnaires, la masse salariale chez nous est de 45%. Le nombre de chômeurs officiels est 1200 000 dont 25% de jeunes. Nous avons fait des efforts, nous avons recrutés à la Fonction publique 72 500 fonctionnaires de 2000 à 2009. Les augmentations que nous avons opérées nous ont amené à avoir 177 milliards de plus sur la masse salariale depuis 2001. Mais je vais vous donner des détails. Pour l'éducation, la formation, les enseignants et assimilés, juillet 2001, 22,5 milliards. Août 2007, 17,1 milliards. Janvier 2008, 2,6 milliards. Janvier 2009, 7,3 milliards. Ce qui fait en novembre 2009, 61,2 milliards. Au niveau de la santé, juillet 2007, 1,5 milliard. Janvier 2008, 5,3 milliards. Janvier 2009, 4,2 milliards. Juillet 2009, 1,4 milliard. Justice, février 2007, 1,7 milliard. Janvier 2008, 400 millions. Mai 2008, 2,8 milliards. Janvier 2009, 20 milliards. Juillet 2009, 1,2 milliard. Intérieur et sécurité, nouveau statut du corps préfectoral, janvier 2004, 2,2 milliards. Police nationale janvier 2002, 10,8 milliards. Avril 2008, 4,9 milliards. Affaires étrangères, mai 2008, 1,2 milliard. Economie et des finances, surtout pour les agents de douane, juillet 2009, 1,4 milliard. Environnement et eaux et forêts, juillet 2009, 16,2 milliards. Transport, novembre 2009, 1,2 milliard. Nous avons aujourd'hui 45% du budget qui va à la masse salariale, c'est trop. D'autre part, dans ces mêmes corps, les gens oublient une chose, qu'il nous faut recruter. Quand je pense à l'enseignement aujourd'hui, je ne pense pas du tout à augmenter les salaires. Je pense à recruter les enseignants. Pour les enfants qui sont dans les écoles primaires aujourd'hui, il nous manque 8000 enseignants. Pour l'école secondaire, 4000 enseignants. Je pense que j'ai fait suffisamment pour ceux qui sont en poste. Ecoutez, ils ont un emploi. Je n'augmenterai pas leur salaire d'un iota. Je vais le dire de façon claire, de façon nette mais de façon sincère. Je n'augmenterai pas les salaires aujourd'hui. On parlera d'augmentation de salaires après le point d'achèvement de l'initiative Ppte que nous avons entrepris. Les gens oublient que quand le pays est surendetté, ce n'est pas le président de la République qui a des problèmes. C'est l'ensemble du pays qui des problèmes. Au moment où je forme le premier gouvernement Affi N'guessan après mon élection, c'est-à-dire le 27 octobre 2001, nous trouvons une dette extérieure de 6400 milliards. Le débat n'est pas de savoir si cette dette a été utilisée pour faire de bonnes choses ou de mauvaises choses. Mais pour un endettement, le problème est de savoir si on a le droit de passer un certain taux du Pib. C'est ça qui est important. La dette était manifestement trop grande pour la Côte d'Ivoire. Donc notre première action internationale a été de négocier avec l'Union européenne, avec la Banque mondiale, le Fmi, avec la Bad. Les deux premiers voyages en France, ont été faits pour demander au chef de l'Etat français de soutenir nos négociations au niveau des institutions de Bretton Woods et au niveau de l'Union européenne. On a bien travaillé. Nous attendions le point d'achèvement où en septembre 2002 où en mars 2003 quand la guerre a éclaté. Donc ceux avec qui nous négocions se sont retirés. Mais quand ils se retirent, c'est la Côte d'Ivoire qui perd, qui a des problèmes. Malgré cela, nous avons tenu la route. Non seulement nous avons payé les salaires malgré qu'on ne prélevait pas l'impôt sur l'ensemble du pays, mais nous les avons augmentés dans les proportions que je viens d'indiquer. Dès la signature de l'accord de Ouagadougou, j'ai demandé au gouvernement de relancer les négociations avec les institutions de Bretton Woods. On a connu des moments difficiles. Certains ont même dit que la Côte d'Ivoire était en cessation de paiement. La Côte d'Ivoire n'a jamais été en cessation de paiement. Nous avons pris des risques à un moment parce qu'il fallait qu'au moment où les élections arrivent, le nouveau gouvernement ait les mains libres pour relancer efficacement la machine économique de la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, nous sommes sur le point de faire les élections et nous sommes sur le point d'avoir le point d'achèvement, nous avançons bien. Nous n'allons pas compromettre tous ces efforts. Donc je ne vais pas augmenter les salaires maintenant. Ce que le ministre Diby propose, même à ceux avec qui il a pu avoir des accords, c'est de leur payer 50% et puis d'attendre le point d'achèvement pour payer le reste. Certains ne veulent pas comprendre. Ils font comme s'il y a une caisse qui est remplie d'argent et qu'on peut prendre pour distribuer. Nous ne pouvons pas. Je ne donnerai pas un franc en plus. Je ne donnerai pas et puis c'est fini, je ne donnerai pas. On attend le point d'achèvement et puis on va reprendre les négociations. Il faut que les Ivoiriens comprennent qu'il s'agit de leur pays. Dans la situation où nous sommes aujourd'hui, nous ne donnerons pas un franc. Nous ne le donnerons pas. On leur donnera ce que le ministre des Finances dira qu'il va leur donner. Ça veut dire, par rapport à ce qu'ils attendent. Voici ce que je souhaite vous dire sur ce point précis.

Les déchets toxiques
Cette affaire de Trafigura est une affaire catastrophique, malheureuse. C'est une histoire, on s'est promené sur la mer avec la mort cherchant où la déposer. C'est ici qu'on l'a déposée. Nous avons été obligé de nous battre pour sauver ce qui peut l'être. Dieu merci, nous avons réussi à faire front. Nous avons négocié effectivement avec l'entreprise et nous avons perçu 100 milliards pour dédommager les victimes. Nous avons dédommagé les familles de ceux qui sont morts. Nous avons dédommagé les victimes de ceux qui ont été hospitalisés. Nous avons dédommagé les victimes qu'on a appelés les victimes ambulatoires, c'est-à-dire les victimes qui allaient se soigner et qui allaient à la maison. Mais nous avons fait mieux que ça parce que 100 milliards c'est beaucoup. Nous avons pris des décisions pour renforcer, dans le District d'Abidjan, les centres de santé. Tous les centres de santé dans le District d'Abidjan ont été renforcés. Pour faire la radiologie, nous avons acheté deux scanners. Nous sommes en train de construire à Cocody un autre centre de santé qui peut être soit un hôpital général soit un Chu. Nous avons décidé de faire à Abobo un centre d'analyse de l'air, de l'eau pour voir la pollution. Nous allons soutenir toutes les communes du District d'Abidjan pour les aider à renforcer leurs appareils sanitaires et leurs appareils sécuritaires. Les victimes ont, d'autre part, déposé directement plainte. Ça a été une affaire entre privé et privé. J'ai lu régulièrement dans les journaux que l'argent qu'ils ont gagné est bloqué. Je n'en sais rien puisque c'est une affaire entre privé et privé. Je suis, je sais où c'est mais si je suis interpellé en tant que chef de l'Etat, je pourrais intervenir pour donner un coup de main. Mais ça se fait vraiment entre privé et privé. Je les suis, je les encourage, je suis avec eux. Mais ce n'est pas l'Etat qui est engagé sur ce point-là. S'ils nous font appel, on les aidera comme on peut. Mais notre problème principal, c'est de faire en sorte qu'un tel accident ne se reproduise plus. Faire en sorte que nous ayons des gardes cotes suffisamment solides pour faire en sorte que ça ne se reproduise plus. Parce que tout le monde a été touché. Moi, je suis resté malade quelques jours. Tout le monde a respiré cet air nauséabond. L'essentiel c'est de faire en sorte que ça ne se répète plus.

L'opposition ivoirienne et l'opposition africaine
Au plan strictement juridique et au plan de la définition des mots, il n'y a pas d'opposition en Côte d'Ivoire. Parce qu'une opposition est composée de personnes qui s'opposent au programme politique de ceux qui sont au pouvoir. Ce sont des gens qui sont organisés, qui ont leur propre manière de voir, leur propre programme contradictoire avec celui qui est appliqué et qui ne sont pas d'accord du tout avec ce qui se fait. Et qui attendent ou cherchent le suffrage des électeurs pour remplacer ceux qui sont au pouvoir pour mettre leur politique en œuvre. Mais en Côte d'Ivoire, nous sommes dans une période qu'eux-mêmes ont appelée transition. Quand la guerre a éclaté, c'est le chef de l'Etat seul qu'on a conservé. On lui a adjoint tous les autres qui étaient représentés à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, le ministre Patrick Achi qui est là, n'est pas du Fpi, il n'a pas rédigé notre programme avec nous. Le ministre Diby, on l'a sorti de la direction du Trésor pour s'occuper des finances. Le Premier ministre n'est pas du Fpi, il est le secrétaire général des Forces nouvelles. Le ministre de l'Environnement est du Pit. Le ministre de la Ville est d'un autre parti. Tous les partis qui sont représentés à l'Assemblée nationale se sont regroupés pour former un gouvernement pour sortir de la crise. Donc au sens du droit et au sens de la langue française que nous parlons, il n'y a pas d'opposition en Côte d'Ivoire. Ceux qui se disent opposants, ce n'est pas normal qu'ils le disent. Parce qu'ils abusent ceux qui les écoutent. Ils ne sont pas opposants. Dans une République, les décisions se tiennent au Conseil des ministres, nous sommes tous au Conseil des ministres et on parle. (…) Il y a des décisions qui sont prises et il y a certaines personnes qui les attaquent. On a l'impression qu'elles ne sont pas là où elles sont prises alors qu'elles sont là. Leurs représentants sont là.
Maintenant, sur l'ensemble de l'Afrique, je pense que l'Afrique est en train de changer. Ça ne se voit peut-être pas pour tout le monde, mais ça change. Notamment dans les rapports entre l'Afrique et l'ancienne puissance coloniale, ça change de façon visible. Les gens prennent l'exemple de la Guinée, de la Mauritanie, ils disent qu’il y a les coups d'Etat. Je dis, mettons balle à terre. Moi, je suis optimiste sur l'Afrique. Quel était l'état de la France 50 ans après la prise de la Bastille ? La France ne connaissait pas encore la démocratie. Elle était en période tourmentée. Quel était l'état des Etats-Unis ? Même un siècle plus tard, la guerre civile attendait les Etats-Unis avec en prime l'assassinat du président de la République. Donc la démocratie ne se construit pas activement. Aucun pays ne tire profit de l'expérience d'un autre pays. Tous les pays qui ont connu le parti unique ne sortent jamais du parti unique sans trouble. Là où tous les pouvoirs ont été forts, tous les troubles pour aller à la démocratie sont forts. (…) Du point de vue intellectuel, je ne suis pas étonné de ce qui arrive à la Côte d'Ivoire. Mais c'est du point de vue politique que je suis gêné parce que c'est moi qui suis président. Mais nous nous en sortirons, l'Afrique s'en sortira.

Déchets toxiques, réchauffement climatique
Oui, si nous n'étions pas pour le principe pollueur payeur, on n'allait pas faire payer Trafigura. Mais nous nous rendons compte que les pollueurs sont les plus forts, c'est pourquoi il y a des débats, c'est pourquoi il y a Copenague. Plus les gens polluent, plus le pays est développé, plus ils sont forts, plus ils sont riches, plus ils nous narguent. Mais je pense que chez nous, il faut sérier de façon précise les problèmes d'environnement. D'abord sur la côte, nous avons la détérioration de la côte et cela ne peut pas être réglé par un seul président (….). Sur tout le long de la côte, il faudrait faire une action commune. Deuxièmement, il y a le problème de l'avancée du désert. Les statistiques disent que le désert avance en Afrique de l'Ouest de 2 km par an. Si on ne fait pas attention, dans 50 ans, Bouaké sera à la porte du désert. Donc nous avons des problèmes précis qu'il nous faut résoudre. Est-ce que le reboisement suffit, je ne sais pas mais il faut commencer par le reboisement. J'ai salué, il y a quelque temps, la mesure qui avait été prise par mes prédécesseurs d'empêcher l'exportation du bois brut. Il faudrait certainement arrêter l'exploitation du bois en Côte d'Ivoire. Nous avions 16 millions d'hectares de forêt en 1960, maintenant nous avons un peu plus de 2 millions d'hectares, 50 ans après (…). Ce qu'il y a lieu d'appliquer, c'est de recenser de façon précise les problèmes de l'environnement. Nous, on les a recensés. J'ai envoyé des missions auprès des pays voisins pour voir si on avait la possibilité d'acheter du bois ( …) pour faire venir le bois comme matière première pour faire marcher les usines de bois en Côte d'Ivoire. Mais on n'a pas encore de résultat tangible (….). Il y a des camions qui sont au-dessus du 8ème parallèle, pour couper du bois dans la région du Denguélé etc. Ce sont des criminels, si on les arrête, il faut prendre des sanctions (…).

Neuf (9) ans au pouvoir sans élections
Cette question n'est pas du tout embarrassante (…). La démocratie n'est pas faite seulement par le vote. La démocratie est certes faite par le vote, mais elle est faite aussi par le respect de la Constitution et par le respect des lois. En prévision de cette question-là, je suis venu avec la Constitution de la Côte d'Ivoire. Je vais vous lire l'article 38 de la Constitution : " En cas d'événements et de circonstances graves, notamment d'atteinte à l'intégrité du territoire ou de catastrophes naturelles rendant impossible le développement normal des élections ou la proclamation des résultats, le président de la commission chargée des élections saisit immédiatement le Conseil constitutionnel aux fins de constatation de cette situation. Le Conseil constitutionnel décide, dans les 24 heures, de l'arrêt ou de la poursuite des opérations électorales ou de suspendre la proclamation des résultats. Le Président de la République en informe la nation par message, il demeure en poste ". Première partie. Article 39 : " Les pouvoirs du Président de la République en exercice expirent à la phase de prise de fonction du président élu. L'appel a lieu dès la prestation de serment ". Ce sont ces deux articles que je voulais vous lire. Il faut que l'Etat existe, il faut que quelqu'un l'incarne, la Constitution de la République de Côte d'Ivoire, dans les circonstances que nous connaissons, m'indique pour incarner l'Etat de Côte d'Ivoire. C'est pourquoi, je suis là. (….) Je suis là parce que c'est moi et moi seul que la Constitution de Côte d'Ivoire autorise pour continuer à incarner l'Etat de Côte d'Ivoire jusqu'à ce qu'un autre président prête serment. On ne peut pas être démocrate si on ne peut pas en même temps respecter les textes et en premier lieu la Constitution qui est la norme supérieure.

Volet militaire : les décrets qui restent à signer et " le désarmement après les élections "
Je vais vous dire exactement ce que j'ai dit par rapport au désarmement. Sur la première question, les questions militaires sont critiques. C'est un domaine qui est tellement délicat qu'avant de signer un texte, je mets face-à-face, les Fds et les Fafn pour qu'ils discutent d'abord. Parce que l'esprit et la lettre de l'accord politique de Ouagadougou, c'est d'aller par consensus. Donc, je préfère aller doucement plutôt que d'aller vite et de me retrouver coincé (…). Mangou a désigné une équipe, Bakayoko en a désigné une autre. Ils ont fait une semaine à Bassam et ils ont discuté. Il y a des points sur lesquels ils sont tombés d'accord, il y a des points sur lesquels, ils ne sont pas encore tombés d'accord. Les points où ils sont tombés d'accord, j'ai signé tous ces décrets. Ça fait 7 décrets que j'ai signés à Mankono. J'ai signé à Mankono parce qu'ils étaient prêts une semaine avant mais le premier ministre n'était pas là (….). Il reste un texte à signer sur 300 policiers formés issus des Fafn et formés à l'époque des négociations à Pretoria. Comment se fait leur intégration à la police ? C'est ce débat qui n'est même pas prêt entre eux. Donc ce texte n'est pas signé. Il reste un texte sur 10 policiers qui avaient rejoint la rébellion et pour lesquels aucune solution n'a encore été trouvée sur le salaire. On leur fait le rappel ou on ne leur fait pas de rappel. Donc voyez-vous, ce sont des questions qui pour moi sont marginales mais qui sont importantes pour les individus qui en sont concernés. Mais il faut un accord et quand ils arrivent à l'accord, moi je signe. Et puis, il y a le troisième point sur les Com zones. Un accord a été trouvé mais n'a pas encore été peaufiné. Donc, je leur ai dit d'aller se mettre d'accord et de me ramener le texte consensuel. Voilà les points mais ce n'est pas des questions très importantes.
Il y a trop de sons à Abidjan. Il faut que j'en donne aussi. Je n'ai jamais dit qu'on fera le désarmement après les élections. Un. Deuxièmement, je n'ai jamais dit qu'on fera le désarmement par les armes. J'ai exactement dit ceci : après les élections, l'accord politique de Ouagadougou aura été appliqué. En conséquence, ceux qu'on trouvera, on les désarmera par les armes, voilà ce que j'ai dit et c'est très différent. Donc une fois qu'on a fini les élections et que l'accord de Ouagadougou est appliqué, les gens sont désarmés. Puisque le désarmement est dans l'accord de Ouagadougou. Si on a fini les élections et que toi, on te retrouve en train de te promener avec une arme en ville, ça, c'est très clair et ça ne souffre aucune ambiguïté. Alors on coupe une partie et on dit Gbagbo dit on va désarmer après les élections. Moi, je n'ai jamais dit ça. Gbagbo n'a pas dit ça. J'ai dit qu'après les élections, ceux qu'on trouve encore avec les armes, on les désarmera par les armes (…).

Le désarmement avant les élections
Les militaires sont en train de discuter en ce moment pour ça et le premier ministre et moi, on s'occupe des grèves. Mais ça se fera et puis on ira aux élections.

Les grands chantiers et l'utilisation des ressources du Ppte
Mais ces ressources sont pour nous alors je ne vois pas le problème que vous posez. Nous faisons les grands chantiers, ces genres de chantiers sont indispensables à la Côte d'Ivoire. Je n'ai pas à mener le débat de savoir si la capitale doit être transférée ou pas. Elle est transférée depuis 1983. Aujourd'hui, il s'agit d'appliquer cette loi de transfert. Il y a quelques jours encore, j'étais sur le chantier, je suis satisfait de l'évolution des travaux. Je pense que fin 2010, l'Assemblée nationale va ouvrir ses portes et puis pour la présidence de la République, tous les 16 piliers qui vont porter le pont qui formera le bâtiment de la présidence de la République début 2010, la construction de ce pont va commencer. Dans ce bâtiment, il y aura 10 fois plus de places qu'à la présidence de la République qui est à Abidjan ici. Ici, nous sommes obligés de louer des bureaux etc. Ce sont des chantiers dont je suis très fier et que je le montre à tout le monde. Deuxièmement, les travaux de l'autoroute, qui peut nier leur utilité ? Les travaux sont maintenant à 5 km de Yamoussoukro (…) Après, nous allons poser la base intégrationniste. La phase où nous allons ensemble entre le Burkina et la Côte d'Ivoire, faire l'autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou. C'est ce que j'appelle la phase d'intégration (…). Il nous faut au moins doubler la capacité du port si la Côte veut rester la Côte d'Ivoire. Si la Côte d'Ivoire veut rester le pays pivot, il doit doubler la capacité de ce port (…). Il y a le pont qui va partir de l'autoroute, qui va traverser Yopougon et aller sur l'île Boulay et traverser l'île Boulay pour aller au bord de la mer et s'élever à 60 mètres au-dessus du canal de Vridi pour laisser les bateaux et descendre et continuer vers Bassam. Ce n'est pas par fantaisie. C'est parce qu'il nous faut des routes de contournement. Regardez les statistiques du Cecos, de la Gendarmerie et de la police. Les gros camions qui viennent du Niger, du Burkina, du Mali, en faisant cette route de contournement, nous diminuerons les plaintes des Ivoiriens par rapport aux embouteillages (….). J'ai déjà vécu ça, ce ne sont pas des embouteillages terribles. Parce que j'ai voyagé beaucoup, j'ai vu d'autres embouteillages, notamment au Nigéria. Le troisième pont qu'avait autorisé le président Bédié et qui n'a pas été fait à cause du coup d'Etat, pour les Ivoiriens, c'est ce pont-là qui va débloquer la situation. On va le faire quand même et ça va commencer bientôt en Mai. On va le faire pour des raisons psychologiques sinon la voie sur laquelle je compte, c'est la voie Cocody - Bingerville, Bingerville - Bassam avec le pont sur la lagune. Là, celui qui part de Cocody n'a pas besoin de revenir par ici avant d'aller à Bassam. Voici de grands projets que nous envisageons mais il y en a encore d'autres. Le pont sur le Bandama à Béoumi qu'on avait sauté après de mauvais calculs, il faut le refaire (…) Il faut faire l'autre pont entre Vavoua et Kouibly (….) et faire la voie Bouna-Ferké et la voie Boundiali-Odiénné (...). Donc moi, je n'ai pas à discuter avec qui que ce soit. Ils savent que je paye les grands travaux de Yamoussoukro avec l'argent du pétrole, tout le monde sait ça. Quand on fait quelque chose de bien, on ne cache pas. Donc moi, je ne cache pas les dépenses de l'Etat sous moi puisque je le fais pour le bien public (…)

Décaissement de l'écart de budget 2009 pour la Cei
C'est des questions qu'il faut poser au ministre de l'Economie et des finances. Vous savez, pour parler au sens propre, il y a le président de la République et il y a le gouvernement. Quand on prend des décisions, c'est le gouvernement qui décide et le gouvernement va décider. Et ils vont le faire. S'ils ne le font pas, c'est parce qu'ils ont des problèmes mais ils vont le faire. Au moment où je parle, le ministre des Finances n'est pas là parce qu'il est en train de résoudre le problème d'argent des médecins. Le gouvernement est aussi sur plusieurs fronts. Il ne faut pas l'oublier, le gouvernement est sur tous les fronts à la fois. Mais je fais confiance au gouvernement, je fais confiance au Premier ministre, je fais confiance au ministre des Finances. Ils vont le faire, dès que possible, ils vont le faire. Nous connaissons les problèmes de la Cei parce que la Cei n'a pas une caisse du trésor public, donc c'est nous qui donnons. Mais c'est nous qui donnons à notre rythme et dans la mesure de nos moyens aussi. C'est pourquoi nous disons aux gens qui se mettent en grève de ne pas se mettre en grève pour des revendications parce qu'il y a mieux à faire. Il y a plus important. Le plus important, c'est de sortir la Côte d'Ivoire de la crise par les élections. C'est ça qui est plus important que tout. Si nous comprenons tous cela, je crois que la Cei aura plus rapidement l'argent pour faire son travail.
Gbagbo retarde les élections pour fêter le cinquantenaire de la Côte d'Ivoire
Vous dites que ce sont mes adversaires qui disent cela. Mais c'est mes adversaires. S'ils n'ont pas grand-chose à dire, il faut qu'ils parlent un peu. Le cinquantenaire, il faut le préparer. Si par malheur, je ne suis pas élu, celui qui sera élu sera bien content que le cinquantenaire ait été préparé (…). Donc il y a des choses qui sont des choses de la Côte d'Ivoire. Moi quand je suis arrivé au pouvoir, j'ai inauguré 354 dispensaires villageois que je n'ai pas construits. Ça a été construit sous mes prédécesseurs. J'ai demandé au ministre de la Santé d'aller les inaugurer, d'y affecter les infirmiers, les sages femmes et d'y envoyer des médicaments. Notre pays est un et vit en continuité. Si on dit si je fais ça, le prochain qui va venir va faire quoi, le pays est perdu (…). Je prépare le cinquantenaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, moi, je ne prépare pas mon anniversaire (…)

La crise guinéenne
(…) Il faut veiller à ce que cette crise politique aiguë ne devienne pas une crise militaire. Il faut qu'elle soit contenue dans son caractère politique et qu'on en sorte. Tous les pays voisins sont condamnés à travailler pour que la Guinée s'en sorte (…). Je disais que la crise libérienne, il faut que les autorités ivoiriennes s'en occupent sinon, elle risque de s'inviter en Côte d'Ivoire. Nous y sommes. Donc nous travaillons jour et nuit pour que cette crise-là garde son caractère politique (…). A cause de la proximité de nos pays, c'est notre affaire et vous avez raison de vous inquiéter et nous faisons en sorte qu'elle ne descende pas sur la Côte d'Ivoire. Et nous avons des rapports quotidiens et nous aussi on a un point de vue quotidien (…).

La vie chère en Côte d'Ivoire
C'est un phénomène mondial. Partout, les produits pétroliers ont augmenté. Nous sommes passés progressivement de 30 dollars le baril à 147 dollars le baril de pétrole. Aujourd'hui, c'est entre 73 et 78 dollars le baril. Mais quand le pétrole augmente, tout augmente. Nous avons mis en place un automatisme qui fait que quand le prix augmente, les stations d'essence augment les prix et quand ça baisse, automatiquement les stations à essence baissent les prix (…). Deuxièmement, la raréfaction des matières premières alimentaires. J'ai envoyé des gens en Thaïlande, en Inde pour acheter de grandes quantités de riz pour qu'au moins on ait du riz sur le marché même si c'est cher. Parce qu'il fallait craindre une pénurie sur le marché. Quand on a fait cette politique, on a quand même diminué les taxes sur le riz et on est allé visiter les magasins pour voir si ceux qui vendent le riz le vendent réellement en répercutant la diminution de nos taxes. Il y en a qui l'appliquaient, il y a d'autres qui gardaient par devers eux la réduction des taxes (…). Nous sommes dans une période où les choses vont en hausse (…) chacun parle pour son intérêt c'est pourquoi je me suis promené pour dire aux Ivoiriens de faire de la culture vivrière (…). Mais il nous faut organiser l'achat bord champ. On est fâché parce que le prix du riz augmente mais le prix du cacao augmente aussi. Le planteur de cacao est aujourd'hui content parce que le prix d'achat du cacao est d'au moins 250 f le kg (…)

L'augmentation de l'âge d'aller à la retraite
(…) si je laissais les gens aller à la retraite, il n'y aurait plus d'enseignement à l'Université (…) on diminue l'âge de la retraite quand il y a beaucoup qui travaillent et qui peuvent financer un projet. Je préfère maintenir en fonction ceux qui ont de l'expérience surtout que leur maintien ne gène pas les recrutements (…). C'est un domaine ou il y avait beaucoup de problèmes. Quand Ouattara était premier ministre, parce qu'on l'a appelé en urgence, il a fallu qu'il se débarrasse de beaucoup de salariés mais aujourd'hui je suis beaucoup plus à l'aise qu'il ne l'était puisque je bénéficie d'une situation où on a des revenus plus importants. J'ai dû faire passer de 18,300 milliards à 2500 milliards de budget. J'ai plus de moyens que lui n'en avait. Donc je fais la politique de mes moyens.

" Si on ne fait pas les élections, ça fait quoi ? "
Oui, j'ai dit cela. J'ai vu des journaux dire que j'ai un double langage. Moi, je pense qu'il faut aller aux élections vite. Les propositions que j'ai faites lors de la signature de l'accord de Ouagadougou, on aurait pu aller aux élections en décembre 2007. Et je le dis pour deux raisons. La première raison, c'est en tant que chef de l'Etat, la posture de chef de l'Etat pour qu'on aille aux élections. La deuxième raison, c'est ma situation de candidat. Plus vite on s'en va mieux ça vaut pour moi. Donc j'ai intérêt à ce qu'on aille vite aux élections mais la Cei organise les élections. Quand la Cei vient me voir pour me dire on a fait ça, on n'a pas fait ça, on n'a pas fait ça. Vous voulez que je leur dise quoi ? De bâcler le travail surtout le recensement électoral et l'identification pour lesquels on a eu la crise ? Donc il faut qu'on sorte véritablement de la crise. Donc si on n'a pas fait les élections le 29 novembre, on n'est pas mort. Vous êtes là pour poser des questions et je suis là pour répondre, on n'est pas mort. Malgré mon désir d'aller aux élections vite et d'aller aux élections avant même le 29 novembre c'est-à-dire en décembre 2007, on est là, il faut travailler pour la Côte d'Ivoire. Il faut travailler pour que la Côte d'Ivoire soit équilibrée. Aujourd'hui, il y a des choses qui ont disparu, les gens parlaient d'ivoirité, aujourd'hui, qui parle d'ivoirité ? J'ai fait toutes les régions qu'il faut pour qu'on n'en parle plus. Aujourd'hui, tout le monde est candidat, qui va encore se plaindre auprès de qui(…) c'est comme ça qu'il faut travailler pour que la Côte d'Ivoire puisse avancer sur des pieds solides. C'est l'objectif. Donc moi je ne travaille pas pour que les élections soient retardées, au contraire je travaille pour qu'elles se tiennent (…). Non il ne faut pas que les gens s'amusent avec le destin de la Côte d'Ivoire. L'intérêt de la Côte d'Ivoire aujourd'hui c'est qu'on aille aux élections le plus tôt possible. Mais moi je suis président de la République. Le plus tôt possible, ce n'est pas de marcher sur les cadavres de la Côte d'Ivoire. C'est de laisser à l'organisme à qui nous avons confié cela le temps de bien faire le travail qu'il faut faire pour que les maux qui nous ont amené la guerre ne ressurgissent plus. Une fois que nous tous nous aurions compris ça, je pense qu'il n'y aura plus de problème dans l'évolution vers les élections.

Propos retranscrits par PAUL KOFFI et DIARRASSOUBA SORY (jeudi 17 décembre 2009 - Par Le Nouveau Réveil)

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