DOSSIER: Côte d'Ivoire un pays malade de ses hommes politiques

Le B.O.G, responsable du malheur des ivoiriens Présentée hier comme la vitrine, pour ne pas dire la perle politique et économique de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire sombre aujourd’hui dans un insoluble conflit politique. Conséquence, le pays qui affichait un Produit intérieur brut (PIB) supérieur à celui de la Corée du Sud, il y a quelques années, va à vau-l’eau aujourd’hui… Tant au plan politique, économique et social. La misère est présente à chaque coin de rue et dans presque tous les foyers du pays. La Côte d’Ivoire est donc malade. « Elle souffre du B.O.G », selon Gnamien Konan, ancien Dg des Douanes chef d’un parti politique candidat à la présidentielle. Le B.O.G, c’est Bédié, Ouattara, Gbagbo. Un triumvirat qui mène le jeu politique, tendancieusement à sa guise. La Côte d’Ivoire est donc gravement malade de ses hommes politiques. Fonctionnaires, salariés du privé, paysans, tous crient ou pleurent misère. Cette situation est intimement liée, avouons-le, à la crise socio-politique que connait le pays depuis près de 10 ans. Au cœur de celle-ci, des ambitions personnelles, mais aussi et surtout l’incivisme, à la limite maladive, de certains acteurs qui animent la vie publique ivoirienne. MM Laurent Gbagbo (chef de l’Etat) et les opposants Henri Konan Bédié (président du Pdci-rda), Alassane Dramane Ouattara (président du Rdr) et Romains-Francis Wodié (président du Parti ivoirien des travailleurs) ne sont pas exempts de tout reproche. Ils ont une grande part de responsabilité dans le pourrissement de la situation politique et social. Ils « ont pris le pays en otage », fait remarquer un observateur, qui dénonce, ce qu’il appelle « un malin esprit politique » de ces hommes, « qu’il faut mettre au garage » afin que le pays reprenne vie. Ni ange, ni démon… Francis Wodié, qui ballotte entre l’opposition et le camp présidentiel, n’a jamais imprimé, à son action politique, une ligne de conduite qui reflète les valeurs socialistes dont il se réclame. Les jours pairs, il attaque l’opposition, les jours impairs, il brocarde le camp présidentiel. Laurent Gbagbo se présente comme « un enfant des élections ». Mais, il ruse avec celles-ci depuis la fin de son mandant constitutionnel en 2005. De dilatoires en dilatoires, Gbagbo et son camp se sont mis à dos de nombreux Ivoiriens, mais aussi une partie de la communauté internationale. Dans cette phase de finalisation de la liste électorale, le camp de celui que les journaux burkinabè surnomment « le Boulanger de Cocody », vient de remettre le couvert des revendications, relativement aux traitements contentieux, réclamant « un audit ». Ce qui pourrait à nouveau faire dérailler un processus électoral, censé dorénavant aboutir à un scrutin présidentiel fin avril ou début mai, au plus tôt. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, ils sont nombreux, les Ivoiriens qui ne croient plus à l’organisation de ces élections à court terme tant les revendications des partisans de Gbagbo paraissent difficiles à satisfaire. Refonte des CEI locales, désarmement des FN là où les accords parlent de cantonnement etc… Le représentant de l’Onu, Choi Y veut, absolument, la préservation des « acquis ». C’est-à-dire la liste électorale provisoire de 5,3 millions de votants et statuer sur la liste grise de 1,033 millions de cas litigieux dans le cadre de la réouverture du contentieux. Le camp présidentiel, lui, voit les choses autrement… Les deux camps sont au bord d’un clash. L’Onu enverra une mission à Abidjan dans les prochaines semaines, pour une explication avec Gbagbo et ses hommes. Henri Konan Bédié, ancien chef d’Etat, officiellement âgé de 76 ans (il est né le 05 mai 1934 à Dadiékro, Daoukro), père de « l’ivoirité », a eu sur un plateau d’or le pouvoir d’Etat par l’automatisme de l’article 11 de l’ancienne constitution. Mais il l’a laissé « filer doux ». Le Sphinx de Daoukro croit qu’il est encore bon pour le service présidentiel. Le pouvoir, ça l’excite… L’homme a une boulimie du pouvoir d’Etat telle qu’il veut « par tout moyen » revenir aux affaires… Retraite politique… Dans un esprit revanchard. Henri Konan Bédié reste, pour des Ivoiriens, le « fils d’Ariane » de la crise identitaire qu’a connue le pays. Cette crise identitaire est le ferment, voire le terreau de la rébellion des Forces nouvelles. Le désire de devenir « Excellence Monsieur le président de la République », du président du Rdr, pourtant riche comme « Crésus » est plus qu’une rage. C’est tout simplement pathologique. ADO qui promet des milliards au pays, croit qu’il a un destin national dans ce pays. Pour atteindre son objectif, Alassane Ouattara ne lésine pas sur les moyens, y compris les tordus…L’ancien Dga du FMI (Fonds monétaire international) a juré de rendre « ce pays ingouvernable » peu après le rejet de sa candidature aux législatives de 2001. Le résultat, hideux, est là, sous nos yeux… Il a tenu son pari et respecté son serment. Tout comme il avait juré, sous Bédié « de frapper son pouvoir moribond et de le faire tomber ». Ces adversaires lui attribuent la paternité de la rébellion de 2002. Mensonge ou vérité ? En tout état de cause, si l’ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny n’est pas le démon de la politique ivoirienne, il est cependant loin d’être son ange. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, nombreux sont ceux qui réclament « la retraite politique » pour ces personnes. Tout simplement parce qu’à cause d’eux, le pays a arrêté sa marche vers le progrès. Dans un entretien au journal français « le Monde », Cf le Monde du 16 février 2010, Jean-Louis Eugène Billon, président de la chambre du commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, présente un tableau pour le moins sombre de la Côte d’Ivoire. La situation de déliquescence politique et économique actuelle, pour lui, « C’est à l’image du pays. Le développement s’est arrêté il y a vingt-cinq ans. Nous vivons sur des acquis et détruisons notre potentiel »…. « Et la Côte d’Ivoire s’enfonce dans la pauvreté. Le pouvoir a-t-il conscience que l’accumulation des tensions politique, économique et sociale risque de déboucher sur une explosion de colère ? », se demande M. Billon. « Nous travaillons pour assurer le train de vie de l’Etat, un Etat prédateur qui organise le dépeçage de l’économie sur le dos des Ivoiriens en prétextant la crise politique », s’énerve M. Billon. Il faut sauver la Côte d’Ivoire, comme le « Soldat Ryan »… Et cela passe pour beaucoup d’Ivoiriens par la mise à la retraite politique de ces quatre personnalités…

Armand B. DEPEYLA
Soir Info ; mars 25, 2010

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