Côte d’Ivoire M. Mady a refusé de comparaitre comme témoin devant le tribunal militaire

Affaire « le président du directoire du Rhdp convoqué par le tribunal militaire »

Le Rhdp sort ses griffes : « Djédjé Mady ne s’y rendra pas » « C’est une affaire politique »La réaction d’Ange Kessy
Jonas Baikeh Soir Info

Le Rhdp (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) décide que le Pr Alphonse Djédjé Mady ne se rendra pas à la convocation d’Ange Kessy ». Telle est la position de cette coalition de partis politiques de l’opposition. Et c’est le Pr Alassane Salif N’Diaye, qui l’a fait savoir hier, 20 avril 2010, au cours d’une conférence de presse au siège du Pdci (parti démocratique de Côte d’Ivoire) à Cocody. « En date du 30 mars 2010, le commissaire du gouvernement près du tribunal militaire Ange Kessy, a adressé une invitation à comparaître au Pr Alphonse Djédjé Mady, porte parole du Rhdp, dans le cadre des poursuites dirigées contre des personnes présumées appartenir aux Forces armées et qui seraient impliquées dans les tueries perpétrées à Gagnoa », a-t-il souligné. Pour le conférencier, le Pr Djédjé Mady étant un civil, il ne peut être poursuivi par un tribunal militaire qui, en droit ne s’occupe que des affaires militaires. De même, toujours selon lui, le Pr Djédjé Mady étant ancien ministre, il ne peut être poursuivi par les institutions judiciaires ordinaires. « Le Pr Djédjé Mady ne peut être convoqué intuitu personae, parce qu’il a agi en tant que porte parole du Rhdp qui regroupe des partis politiques régulièrement constitués, conformément à la loi fondamentale de Côte d’Ivoire, c’est-à-dire, la constitution à savoir le Pdci- Rda, le Rdr, l’Udpci, Mfa », a indiqué, en sus, le Pr Alassane Salif N’Diaye. Pour lui, il s’agit là d’une affaire politique montée de toute pièce. « C’est une cabale tendant à intimider et à affaiblir le directoire du Rhdp alors que l’essentiel, c’est-à-dire les élections que les Ivoiriens attendent impatiemment, passe sous silence », a-t-il soutenu. Puis, il a rappelé des faits. « Les Ivoiriens se souviennent que M. Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien avait invité ses militants à s’opposer par tous moyens aux audiences foraines en 2006 ; il en est résulté de nombreux morts notamment à Divo et à Grand Bassam et Ange Kessy n’a toujours pas réagi sur cette affaire. Les 24, 25, 26 mars 2004, le Plateau fut déclaré zone rouge, interdite et que toute personne qui s’y aventurerait serait traitée en ennemi de la République et abattue sans sommation. Le Rhdp a décompté 512 morts, tous sauvagement abattus à leur domicile par des Forces de défense et de sécurité. On attend toujours d’Ange Kessy, les résultats de ses enquêtes sur ce massacre d’Ivoiriens aux mains nues qui voulaient seulement exercer un droit reconnu par la Constitution, celui de manifester », a-t-il dénoncé. Par rapport à la période indiquée par le commissaire du gouvernement, a noté Salif N’Diaye, il y a également eu des morts d’Ivoiriens à Abobo, Divo, Daloa. Pourquoi, s’est-il alors interrogé, Ange Kessy se préoccupe seulement de Gagnoa ? Est-ce parce que c’est la région du chef de l’Etat ? C’est pour ces raisons que cette coalition de partis politiques de l’opposition a rejeté la convocation d’Ange Kessy du revers de la main. En clair, pour le Rhdp, le président du directoire ne bougera pas. « Nous notons que la lettre a été déposée par une personne anonyme au secrétariat du Pdci- Rda à cocody, sans cahier de transmission ni accusé de réception, ce qui s’apparente à une opération clandestine », a-t-il dit. « Djédjé Mady n’est pas venu, je prends acte. Il n’a pas voulu que la vérité éclate », a déclaré pour sa part le commissaire du gouvernement. Pour lui, il ne s’agit que d’une simple audition en vue d’enrichir une procédure d’enquête. « C’est une procédure au cours de laquelle toute personne citée, militaire ou civile, nationale ou étrangère, impliquée, mise en cause ou susceptible de fournir tout renseignement, sera entendue de sorte à éclairer le dossier », a-t-il précisé. Il faut rappeler que dans le cadre d’une enquête relative aux évènements sanglants qui se sont produits à Gagnoa le 18 février 2010, suite au mot d’ordre de désobéissance civile lancé par le Rhdp, Djédjé Mady avait été convoqué « à titre de témoin » le mercredi 14 avril 2010.Le président du Rhdp avait brillé par son absence. Aussi, le commissaire du gouvernement avait-il reporté ce rendez-vous à hier. Mais là encore, Djédjé Mady lui a fait faux bond.

avril 21, 2010

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