Côte d'Ivoire: Les raisons profondes d'un report

Election en Cote d’Ivoire - C’est maintenant une certitude, il n’y aura pas d’élection en Cote d’Ivoire le 29 novembre prochain.

L’informa-tion contenue dans un document circulait déjà dans les différents QG politiques Ivoiriens depuis plus d’un mois, sans qu’aucun d’entre les acteurs concernés n’aient le courage de l’annoncer publiquement, de peur d’encourir le courroux de la France et de l’ONU.

Maintenant c’est chose faite, le premier à se jeter à l’eau fut Laurent Dona Fologo, deuxième personnalité du Haut Conseil Politique du FPI. Il a devancé de quelques jours son Président, en déclarant que «les élections ne pourrons mathématiquement avoir lieu à la date du 29 novembre prochain…».

Selon lui, toutes les conditions d’une élection Présidentielle propre, libre et transparente ne sont pas encore réunies.

Le Secrétaire Général du Rassemblement des Hou-phouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), Alphonse Djédjé Mady interrogé sur la question par la presse locale ne dit pas le contraire. Il n’exclut pas un report de quelques semaines, voire de quelques mois, le temps de voir clair dans les cas litigieux sur le fichier électoral.

C’est finalement la fin de la semaine dernière que le Président Laurent Gbagbo a choisi pour briser le silence en déclarant, lors d’une sortie dans la Capitale Administrative et politique, à Yamoussoukro, qu’il sera difficile de tenir la date de la présidentielle pour le 29 novembre prochain. Même si rien n’est encore officielle, parce qu’une telle décision est du ressort du Cadre de Concertation Permanent (CCP), placé sous la supervision du Facilitateur Blaise Compaoré, le 29 novembre n’est plus une date inamovible pour le premier tour des Présidentielles en Cote d’Ivoire. Cependant, si le report des élections semble maintenant inéluctable pour tout le monde, sauf la France qui lève le ton, il y a vraiment lieu de s’interroger, selon l’opposition, sur les réelles motivations du Camp Présidentiel, qu’elle soupçonne de traîner le pas, pour glaner encore quelques mois au Palais.

Les raisons du report

De sources proches du RHDP, les refondateurs étaient convaincus, de la prochaine défaite de leur candidat, malgré leurs «sondages truqués», s’ils acceptaient d’aller dans une élection précipitée dont ils ne maîtrisaient pas encore, tous les contours. Voici, selon une source, l’une des principales raisons qui ont poussé le leader du FPI a parler du report de la date du 29 novembre, avant même qu’une réunion du CCP ne statue sur une question aussi sensible que celle la, à Ouagadougou. Peu avant sa mort, la semaine dernière, le Député de Tiébissou, Yves Fofana, cadre du RDR, sûr de la victoire de l’opposition réunit au sein du RHDP, incitait ses leaders à refuser tout report de la date de la présidentielle. «Si on ne veut pas que les élections aient lieu et qu’on fasse tout pour empêcher les gens de voter, que ce soit à l’Est, à l’Ouest au Centre comme au Sud, ce sera vraiment la catastrophe», a-t-il prévenu.

L’autre grande raison a trait à la polémique qui s’est instaurée autour du débat politique concernant les 2,7 millions de dossiers litigieux sur le listing. En effet, la Commission Electo-rale Indépendante (Cei), la Primature et les structures techniques ne se sont pas toujours accordées pour afficher la liste électorale comme convenu. Récemment, le chiffre a été revu à la baisse, mais il reste toujours important avec encore 1.911.254 cas de personnes ne se trouvent pas dans les fichiers dits historiques ayant servi au croisement. Selon des informations reçues dans l’entourage de Soro Guillaume qui pilote l’opération, il est possible qu’avec d’autres fichiers historiques n’ayant pas été utilisés dans le mode opératoire, il pourrait être «repêchées» jusqu’au delà d’un million et demi de personnes.

Ensuite, la recherche et les croisements doivent donc se poursuivre pour récupérer le dernier des Ivoiriens victimes de ce système qui n’est pas aussi huilé qu’on l’a cru, souligne-t-on dans l’entourage du chef du gouvernement. Il ne s’agit pas, dit-on d’intégrer sur la liste, des étrangers ou des fraudeurs, comme l’a dit tantôt, Mamadou Koulibaly, le bouillant Président de l’Assem-blée Nationale. Il s’agit plutôt pour l’Etat d’éviter d’exclure certains de ses citoyens. Selon la même source, la liste électorale sera certainement affichée dans cette semaine partout sur l’étendue du territoire. En attendant, les services techniques (l’INS et Sagem), s’activent à imprimer la liste sur papier pour la remettre à la commission électorale qui, à son tour, la fera acheminer vers les centres d’enrôlement à l’intérieur, par les services de l’ONUCI.

Après la déclaration de Laurent Gbagbo sur le report de la date et le rapport de l’ONU sur le réarmement des ex- forces belligérantes sur le terrain, dans les QG, on lorgne vers Ouaga-dougou. Tous s’attendent à une convocation imminente du facilitateur, pour une réunion du Cadre de Concertation Perma-nent dans la capitale Burkinabé. Avant ce jour, tout se passe sur le terrain comme si le scrutin aura lieu le 29 novembre prochain.

De Gildas Correspondant du Républicain à Abidjan

Le Républicain du 02 novembre 2009

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