Côte d’Ivoire: le ministre TAGRO soupçonné de corruption innocenté

L’enquête ouverte en juin à la demande du président ivoirien Laurent Gbagbo sur des soupçons de corruption pesant sur le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro a innocenté ce proche du chef de l’Etat, a-t-on appris lundi auprès du parquet.

L’enquête a conclu que le ministre n’avait pas « marchandé » les places pour le concours à l’Ecole nationale de police, a indiqué devant la presse le substitut du procureur Mamadou Diakité.

Le président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly, qui est lui aussi une figure du camp Gbagbo, avait accusé M. Tagro de trafic d’influence et de favoritisme pour ce concours au profit de personnes issues de sa région, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire.

Le parquet a blanchi également le ministre des accusations de détournement de fonds destinés à l’organisation du Hajj (pélerinage musulman de La Mecque) et aux victimes des déchets toxiques déversés en 2006 à Abidjan.

Enfin, « il ne peut être reproché au ministre de l’Intérieur d’avoir perçu seul ou avec autrui, notamment le Premier ministre, la somme de dix milliards de francs CFA (15 M EUR) qui lui aurait été versée à titre de commission par la Sagem Sécurité », comme cela avait été évoqué dans la presse locale, a affirmé le substitut.

Sagem est l’opérateur technique français impliqué dans le processus électoral ivoirien, devant conduire à une présidentielle sans cesse reportée depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005 et désormais attendue en octobre, même si aucune nouvelle date n’a été fixée.

L’élection doit permettre de clore la crise née du putsch manqué de 2002, qui a coupé le pays en un sud loyaliste et un nord contrôlé par l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) du Premier ministre Guillaume Soro.

Le chef de l’Etat a reçu dimanche le rapport du parquet, à qui il avait demandé le 20 juin d’enquêter sur les soupçons pesant sur M. Tagro, qui fut son porte-parole et négociateur de l’accord de paix signé en 2007 à Ouagadougou avec les FN.

L’ouverture de cette enquête avait suscité spéculations et tensions dans la classe politique.

Les FN s’étaient indignées que le nom de leur chef soit mêlé à cette affaire, et avaient crié à la « calomnie ». L’opposition avait jugé que Laurent Gbagbo cherchait à « blanchir ses amis et partisans et saboter le processus électoral ».

L’enquête sur Désiré Tagro avait été ouverte après une série de limogeages, notamment dans la haute fonction publique, alors considérés comme une nouvelle opération « mains propres » après celle engagée fin 2007 dans la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial.

Trois journalistes, dont un Français, du quotidien ivoirien Le Nouveau courrier ont été écroués vendredi pour avoir publié les conclusions de l’enquête du parquet sur les malversations présumées dans la filière.

Source AFP ; Lundi 19 juillet 2010

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