Crise au FPI : William Attéby fait des révélations et demande un face-à-face avec les frondeurs

Ateby

A l’initiative de la Coalition des leaders, mouvements et associations de jeunesse de Yopougon (COLMAJY), une organisation de la société civile, William Attéby, ancien député de Yopougon, et Konaté Navigué, le Secrétaire national de la jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI), ont co-animé une conférence de presse le samedi 18 avril 2015 au « Baron » de Yopougon. « Quelle opposition pour les échéances électorales à venir ? » et « Quelle place pour la jeunesse pro-Gbagbo dans ce processus ? » étaient les sujets soumis à l’appréciation des conférenciers. 

Pour inciter les militants du FPI à comprendre la nécessité de ne pas bouder les prochains scrutins électoraux, William Attéby qui prenait pour la première fois la parole en public depuis son retour d’exil en novembre 2014, a apporté ses précisions sur la crise en cours au sein de son parti. Sur la question, il a expliqué ce qui suit : « Je suis un homme triste et malheureux. (…) Et je voudrais vous parler très franchement du fond de mon cœur et vous dire pourquoi je suis triste et malheureux. Nous devons dire la vérité aux populations de Yopougon. (…) Je suis un pro-Gbagbo au sens où je partage avec Laurent Gbagbo des idées, des valeurs pour lesquelles chacun d’entre nous fait don de sa personne. Mais le nom de Laurent Gbagbo ne sera jamais pour moi un fonds de commerce que j’utiliserai contre des personnes de mon propre camp. Je ne m’approprierai jamais seul le nom de Laurent Gbagbo parce que ce qu’il a fait, en bien ou en mal, fait partie de mon patrimoine et de celui de chaque Ivoirien. (…) Je vais vous révéler quelque chose que je n'avais encore jamais dit en public. Je vais vous le révéler parce que je suis, moi aussi, fatigué des mensonges. J'ai fait partie de l'équipe de campagne qui s’est fait passer pour celle de Laurent Gbagbo. Cette équipe était dirigée par Assoa Adou. Quand je suis rentré d'exil, elle (l’équipe) m'a fait croire que Laurent Gbagbo était candidat. Par fidélité à Laurent Gbagbo, je n'ai pas réfléchi dans l'immédiat et j'ai adhéré. Et j'ai demandé à des aînés de m'expliquer l'origine de la crise. Ils l'ont expliquée en me disant qu'Affi N'Guessan veut tourner la page Laurent Gbagbo et discuter avec Alassane Ouattara. Je vais vous dire la vérité sur ce sujet. Laurent Gbagbo a été déporté à La Haye en novembre 2011. En décembre 2011, Pascal Affi N'Guessan était en prison à Bouna. De mon lieu d'exil à Lomé, je ne sais par quelle magie, Affi N'Guessan a pu me joindre au téléphone. A voix basse, il a décliné son identité. Et c’est quand il a précisé qu'il appelait de Bouna que j’ai bien compris. Je tremblais tellement que le téléphone est tombé. Et lorsque je l'ai récupéré, Affi m'a fait savoir que Laurent Gbagbo a été transféré à La Haye et que seule la politique pouvait nous permettre de l'en sortir. Il m'a alors demandé de faire tout ce que je pouvais dans ce sens. Il m'a même indiqué des personnes que je devais rencontrer. Il m'a également demandé de faire tout ce que je pouvais pour créer un courant de sympathie dans l'International socialiste en faveur de Laurent Gbagbo. Il m’a recommandé des Chefs d'État qui avaient bénéficié de l’aide de Laurent Gbagbo quand il était président, afin que ceux-ci lui renvoient l'ascenseur. Je l'ai expliqué à tous les frondeurs et ils savent le combat qu'Affi, avant même sa sortie de prison, a commencé à mener pour la libération de Laurent Gbagbo. C'est moi qu'il envoyait pour cette mission. Pas quelqu'un d'autre. Et ils le savent. S’ils ont quelque chose d'autre à lui reprocher, qu’ils le disent. Mais qu’ils ne disent pas que quelqu'un qui pense à Laurent Gbagbo pendant qu'il est en prison et qui me charge de rencontrer certaines personnes qu’ils connaissent pour l'aboutissement de ces démarches, veut tourner sa page. De quoi parlent-ils, alors que pendant tout ce temps, ils se promenaient librement ? Qu’ils arrêtent l'imposture et l'injustice. (...) A Accra, le responsable de la Coordination des réfugiés était Assoa Adou. C’est à lui que nous rendions compte de tout. Tous ceux qui étaient en exil à Accra le savent, puisque chaque fois qu’il y avait une mission importante que je devais effectuer, je leur rendais compte. Ils sont informés de toutes les démarches qui ont été faites par Affi N’Guessan avant sa sortie de prison sur le dossier Laurent Gbagbo. (…) J’ai le sentiment qu’en réalité, il y a des personnes qui ne veulent pas que Laurent Gbagbo sorte de prison. Ils ont peur qu’à sa sortie, il leur demande des comptes sur des missions qu’il leur a confiées. J’en suis même persuadé. Quand on a quelqu’un qui est pris en otage, la posture à adopter est celle qui lui permettra de l’aider à s’en sortir ». William Attéby a alors exhorté la COLMAJY à inviter des personnes de la fronde telles qu’Akoun et Douaty pour qu’ils s’expliquent devant les populations de Yopougon. « Ce jour-là, nous mettrons en face quelqu’un du camp d’Affi et de celui de Sangaré pour que chacun s’explique », a-t-il souhaité. 

Relations avec la communauté internationale

S’agissant de l’attitude à adopter vis-à-vis de la communauté internationale, William Attéby a fait cette analyse : « Sauf à prendre la Côte d’Ivoire pour la mettre sur Mars, Jupiter ou une autre planète, nous n’irons nulle part si nous dressons le monde entier contre nous. Nous n’irons nulle part si nous ne nous arrangeons pas pour être dans des réseaux et bénéficier d’un lobbying, même si nous avons raison. (…) Nous nous battons contre une mafia puissante et internationale. Ce n’est pas en un (1) jour que nous réussirons à faire changer les choses. Nous nous battons contre des personnes qui ont tous les moyens. Peut-être que le seul moyen qu’ils n’ont pas, c’est Dieu. Nous nous battons contre des personnes puissantes. Il nous faut adopter une posture qui les divise comme c’est le cas actuellement. 

A preuve, pourquoi est-ce aujourd’hui que la BCEAO se rappelle qu’il y a des personnes qui l’ont pillée et qu’il faut faire leur procès ? Pourquoi est-ce aujourd’hui que Ouattara décide de ne plus envoyer quelqu’un à la CPI ? »

Publié le lundi 20 avril 2015  |  L’intelligent d’Abidjan

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