Un an déjà !

Un an déjà !

L'accord de Ouaga à un an. Quel bilan?
Cet accord qui a été applaudi des deux mains par la quasi totalité des ivoiriens parce que voulu par le Président Laurent GBAGBO et signé avec le chef de la rébellion, Guillaume SORO a du plomb dans l'aile. Les principaux objectifs étant loin d'être atteints:
- Les forces impartiales se sont retirées de la zone de confiance depuis belle lurette car elles étaient considérées comme un obstacle à la réunification. Cependant le pays reste toujours divisé en deux;
- Le désarmement n'a pas encore commencé.Le premier Ministre Guillaume SORO vient de déclarer que le désarmement avant l'élection est idiot;
- Le processus électoral est au point mort.Le sport favori de la classe politique ivoirienne se résume en des débats inutiles et contre productifs autour de l'opérateur technique-la société SAGEM- et de la CEI.Les acteurs politiques ne jugent la CEI qu'au gré de leurs intérêts;
- La date des élections librement fixée par les belligérants au mois de Juin 2008 est devenue hypothétique. Beaucoup d'ivoiriens doutent de la tenue des élections en 2008 et même en 2009;
- Le redéploiement de l'administration prévu pour prendre fin en Janvier 2008 piétine;
- Les deux partis se sont surtout contentés de nous servir des actions symboliques:
* flamme de la paix;
* rencontre sportive;
* visite du Chef de l'Etat en zone force nouvelle;
* visite du Premier Ministre à Gagnoa.

Vivement que les deux partis comprennent que l'intérêt de la Côte d'Ivoire est au dessus de leurs propres intérêts et qu'ils donnent un coup d'accélérateur à tout ce processus afin que le peuple soit libéré de cette situation de ni paix et de ni guerre car nous sommes fatigués.

An II de l'accord politique de Ouaga (APO)

Après deux ans d'application de l'Apo dont la signature le 4 mars 2007 avait redonné espoir à tout un peuple, quel bilan pouvons nous faire?

Le processus d'identification et d'enrôlement a débuté avec beaucoup de pesanteurs. Pesanteurs politiques avec son lot de suspicions de fraudes; pesanteurs financières qui font que le processus s'éternise. Dans l'état actuel des choses il serait hasardeux de dire quand ce processus, capital pour des élections transparentes, prendra effectivement fin.

Le processus DDR est en souffrance pour des problèmes de financement selon les services du Premier Ministre.

Le désarmement des milices pro-Gbagbo piétine.

L'unicité des caisses et la disparition des com-zones a du plomb dans l'aile malgré la signature du 4ème accord additionnel.

Finalement l'Apo qui aurait du sortir la Côte d'Ivoire de cette crise depuis belle lurette avance à pas de tortue. Ce qui nous amène à nous interroger sur la sincérité des acteurs politiques quand à leur volonté d'aller aux élections. Députés, maires, présidents de conseils généraux, nombreux sont ceux qui n'ont aucun intérêt de nouvelles élections au risque de perdre leurs juteux postes.

Les ivoiriens sont fatigués. Les travailleurs sont impatients de voir leur situation sociale s'améliorer. Le front sociale rentre en ébullition. Hier la grève des cadres supérieurs et des agent techniques de santé pour promesse non tenue par le gouvernement. Ils observent une trêve avec une possible reprise si leurs préoccupations ne sont pas satisfaites . Aujourd'hui la quasi totalité des lycées et collèges sont fermés.

Le gouvernement a intérêt à se pencher sérieusement sur les préoccupations légitimes des fonctionnaires afin d'éviter un embrasement généralisé du front social. Ce qui pourrait leur être fatal. La situation sociale très difficile des ivoiriens doit faire prendre conscience à Gbagbo et Soro de l'urgence de l'élection présidentielle pour éclaircir l'horizon assombri par ces années de crises.
C'est que attendent les bailleurs de font et les investisseurs pour relancer l'économie ivoirienne créatrice d'emplois et de richesses pour un mieux être de la population.

4ème accord complémentaire à l'Apo : quel bilan ?

Le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire est menacé par les intérêts économiques et politiques des signataires de l’accord politique de Ouagadougou selon le dernier rapport du groupe d'experts de l'Onu. Les échanges violents entre les deux camps autour de la compréhension et de l'application du 4ème accord complémentaire à l'Apo, par presse interposée n'est que la face visible de cet iceberg.

Le 4ème accord complémentaire à l'Apo, sensé régler définitivement les questions militaires qui plombaient le processus de sortie de crise, a été signé le 22 décembre 2008. Après quatre mois d'application, quel bilan pouvons nous faire?

Ce 4ème accord traite de deux questions essentielles dans le processus de sortie de crise : il s'agit des questions relatives aux volets militaire et administratif de l'Apo.

Que dit le 4ème accord complémentaire des questions militaires?
Le titre II de cet accord dit en ses articles 2 ,3, 4 et 5 concernant le désarmement des ex-combattants et la mise en place de la nouvelle armée ivoirienne : "Article 2: Les deux Parties conviennent que les textes juridiques relatifs à la Nouvelle armée nationale seront élaborés et signés au plus tard dans un délai d'un mois à compter de la date de signature du présent Accord complémentaire. La mise en place effective de la Nouvelle armée nationale interviendra au plus tard un mois après l'investiture du nouveau Président de la République.
En attendant la mise en place de la Nouvelle armée nationale, le Centre de commandement intégré (Cci) poursuivra ses activités conformément aux dispositions des paragraphes 3.1.1., 3.1.2., 3.1.3, de l'Accord politique de Ouagadougou.
Article 3: Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
Article 4: Afin d'accélérer la démobilisation des Ex-combattants des Forces Nouvelles, les Parties invitent le Gouvernement à verser au Ex-combattants démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte. En tout état de cause, la démobilisation des ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) devra être achevée au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
Article 5: Concernant le démantèlement des milices, les deux Parties; conviennent d'entamer leur désarmement, le stockage de leurs armes et leur démobilisation sous l'autorité du Cci et sous la supervision des Forces impartiales, concomitamment avec la démobilisation des ex-combattants des Fafn. En tout état de cause le démantèlement des milices devra être achevé au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle. Afin d'accélérer le démantèlement des milices, les parties invitent le Gouvernement à verser aux miliciens démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte."

Que disent les dispositions des paragraphes 3.1.1, 3.1.2 et 3.1.3 de l'Apo?
Paragraphe 3.1.1: Dans un esprit de cogestion des questions liées à la défense et à la sécurité, les deux parties ex-belligérentes conviennent de créer un Centre de Commandement intégré chargé d'unifier les forces combattantes en présence et de mettre en oeuvre les mesures de restructurations des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire.
Paragraphe 3.1.2: Le Centre de commandement intégré adoptera son organigramme et sera placé sous le commandement conjoint du Chef d'Etat Major des FANCI et du Chef d'Etat Major des FAFN. Il sera paritairement composé d'officiers désignés par les deux Chefs d'Etat Major.
Paragraphe 3.1.3: Le centre de commandement intégré aura pour missions essentielles:
- la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité;
- la mise en oeuvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR) sous la supervision des forces impartiales;
- l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise;
- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral;
- la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes;
- la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendu e du territoire national.
Constat: Les textes juridiques relatifs à la nouvelle armée ivoirienne ne sont pas encore signés. Le Cci n'est pas encore opérationnel. Le désarmement des ex-combatants et des milices n'est pas effectif.

Que dit le 4ème accord complémentaire des questions relatives au rétablissement de l'autorité de l'Etat et du redéploiement de l'administration sur l'ensemble du territoire national?
C'est le titre III de cet accords, en ses articles 8 et 9 qui traite de ces questions. ces articles disent ceci: "Article 8: Reconnaissant que la non réunification du pays et les lenteurs accusées dans la normalisation institutionnelle et politique constituent de sérieux obstacles à l'organisation d'élections justes, transparentes et démocratiques, les deux Parties conviennent que:
- Les agents de la fonction publique civile de l'Etat seront affectés dans la zone Centre - Nord - Ouest (Cno) par leur ministère respectif et prendront fonction au plus tard le 15 janvier 2009 ;
- Les magistrats des tribunaux et des cours d'appel, nommés dans la zone Cno, prendront fonction au plus tard le 15 janvier 2009. Leurs collaborateurs seront nommés par leur ministère de tutelle et prendront service au plus tard le 15 janvier 2009 ;
- Afin de favoriser la réouverture des tribunaux dans la zone Cno et la sécurisation de l'ensemble du processus l'électoral, les deux Parties conviennent que les Fds et les Fafn mettront à la disposition du Cci des éléments de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, comprenant des officiers de police judiciaire, conformément aux dispositions de l'article 5 du Troisième Accord complémentaire du 28 novembre 2007 ;
- Les Préfets de régions, les Préfets de départements et les Sous-préfets nommés dans la zone Cno exerceront la plénitude de leur pouvoir au plus tard le 15 janvier 2009. A cet effet, une cérémonie de passation des charges avec les Commandants de zone et les commandements de secteur sera organisée.
Article 9: Le redéploiement de l'administration fiscale et douanière sur l'ensemble du territoire national, et en particulier dans la zone CNO, débutera immédiatement après la signature du présent Accord, sous la supervision du Représentant spécial du Facilitateur.
Les Forces impartiales contribueront à la sécurisation du personnel de l'administration ainsi déployé."
Constat : A ce jour, l'autorité de l'Etat, le redéploiement de toute l'administration et l'unicité des caisses ne sont pas effectifs.

Au total aucune disposition contenue dans ce 4ème accord complémentaire à l'Apo n'a connu un début de mise en oeuvre.

Le conclave accouche d'une souris

 
Le conclave, dit historique, tenu par les forces nouvelles le lundi 20 avril 2009 dans leur fief de Bouaké où des décisions courageuses devaient être prises, n'a finalement rien eu d'historique. Ce fut tout simplement une banale réunion de gens qui ne sont pas prêt à faire leur part de sacrifice dans le processus de sortie de crise; une banale réunion de gens qui ne sont pas prêt à déposer les armes; une banale réunion de gens qui ne pas prêt de lâcher tous les biens et privilèges malhonnêtement acquis pendant ces années de crises; une banale réunion de gens qui ne supportent pas les critiques; une banale réunion de gens qui font tout pour retarder le processus de sortie de crise en accusant leurs adversaires d'hier, tous deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) qui aurait du nous faire sortir de cette crise il y a belle lurette, de mauvaise foie dans l'application de cet accord; une banale réunion au cours de laquelle aucune décision courageuse n'a été prise.

Que retenir de ce conclave très médiatisé, comme une réunion capitale dans le processus de sortie de crise? Rien, sinon que les rebelles menacent de reconsidérer leur position dans le processus de sortie de crise si l'élection présidentielle n'a pas eu lieu en 2009. Faut-il les prendre au sérieux où considérer ceci comme un coup de bluff pour distraire les ivoiriens sur leur part de responsabilité dans la mise en oeuvre de l'Apo qu'ils ont librement signé avec le camp présidentiel.

Tout ce cirque me donne l'impression que l'Apo et ses nombreux accords additionnels ne sont rien d'autres qu'une pièce de théâtre, avec comme metteurs en scène le Premier Ministre Soro Guillaume, chef des rebelles et Le Président Laurent GBagbo, où le rôle des différents acteurs est réglé comme du papier à musique.

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