Palabre autour du désarmement

Le Premier Ministre ivoirien Soro, SG des forces nouvelles Le camp présidentiel en engageant cette polémique, montre une fois de plus sa mauvaise foi et son peu d’empressement à aller à l’élection présidentielle, alors tous les sondages réalisés par la Sofrès, y compris le dernier qui vient de paraître, donnent Gbagbo Laurent vainqueur dans tous les cas de figure. Alors de quoi a-t-il peur ?

Le camp présidentiel en faisant croire que le désarmement concerne uniquement les ex-rebelles fait une lecture tronquée et à son profit du quatrième accord complémentaire de Ouagadougou.  Que dit cet accord ? A l’article 2 il est écrit ceci : « Les deux Parties conviennent que les textes juridiques relatifs à la Nouvelle armée nationale seront élaborés et signés au plus tard dans un délai d'un mois à compter de la date de signature du présent Accord complémentaire. La mise en place effective de la Nouvelle armée nationale interviendra au plus tard

un mois après l'investiture du nouveau Président de la République ». Concernant le désarmement proprement dit, les articles 3, 4 et 5 en fixent les modalités :

-   Article 3: Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants; des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.

Les armes recueillies seront stockées par le Cci, sous la supervision des Forces Impartiales.

-  Article 4: Afin d'accélérer la démobilisation des Ex-combattants des Forces Nouvelles, les Parties invitent le Gouvernement à verser au Ex-combattants démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte. En tout état de cause, la démobilisation des ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) devra être achevée au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.

-  Article 5: Concernant le démantèlement des milices, les deux Parties; conviennent d'entamer leur désarmement, le stockage de leurs armes et leur démobilisation sous l'autorité du Cci et sous la supervision des Forces impartiales, concomitamment avec la démobilisation des ex-combattants des Fafn. En tout état de cause le démantèlement des milices devra être achevé au plus tard deux mois

avant la date fixée pour l'élection présidentielle.

Les armes recueillies seront stockées par le Cci, sous la supervision des Forces Impartiales.

Afin d'accélérer le démantèlement des milices, les parties invitent le Gouvernement à verser aux miliciens démobilisés une prime ou aide directe de

démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte.

A la lecture de ces quelques articles, on se rend compte que toutes les conditions pour le bon déroulement du processus Ddr ne sont pas réunies. Le Ministre de la défense Amani N’Guessan vient de déclarer que l’Etat n’a pas les moyens de payer les cinq cent mille francs cfa sans rien proposer de concret ; le démantèlement des milices n’est pas effectif ; tous les textes réglementaires que le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo  doit signer pour faciliter le processus Ddr  ne le sont pas ; le centre de commandement intégré (Cci) qui préfigure la nouvelle armée et chargé du désarment, le stockage des armes des deux forces ex-belligérantes ainsi que la démobilisation des ex-combattants des forces nouvelles n’est pas fonctionnel.

Toute cette polémique, après l’épisode de dissolution de la Cei et du gouvernement, n’a qu’un seul objectif : c’est de retarder au maximum l’élection présidentielle que Gbagbo n’est pas sur de gagner pour qu’il puisse organiser son cinquantenaire de l’indépendance car cet évènement fait partie de sa stratégie électorale. C’est après cela qu’on pourra avoir une certaine lisibilité de l’horizon électoral ivoirien. 

Si Gbagbo tient à ce que l’élection présidentielle puisse s’organiser dans les trois mois à venir, il gagnerait à créer les conditions, dans l’esprit et dans la lettre du quatrième accord complémentaire de  Ouagga, pour que le processus Ddr puisse effectivement s’achevé deux mois avant l’élection présidentielle, au lieu de passer tout son temps à susciter des polémiques par son camp. Il va s’en dire que le  désarmement entraînera ipso facto la réunification du pays. C’est le seul grand service qu’il peut rendre à toute la Côte d’Ivoire.

03 Mars 2010 par eburnie

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