Gbagbo et ses contradictions

 

Gbagbo, lors de la dédicace de son livre, a traité de criminel les fonctionnaires sui légitimement revendiquent de meilleures conditions salariales. Parce que le sieur Gbagbo estime que ceux qui ont du travail doivent s’estimer chanceux au lieu de vouloir racler tout le budget de l’Etat, alors qu’il y a des milliers de jeunes qui n’ont pas de travail. Et que le devoir de l’Etat est de leur trouver du travail. N’est-ce pas un aveu d’incompétence. Dans aucun pays du monde, on a vu l’Etat recruter tout le monde à la fonction publique. L’Etat doit plutôt créer les conditions nécessaires au développement du secteur privé. Car c’est ce secteur qui peut et doit créer de l’emploi par le dynamisme de l’économie. Et c’est à cette seule condition que le pays peut sortir du sous-développement. Un Etat dans lequel la fonction publique est le principal créateur d’emploi, traduit un échec de sa politique économique.

Traiter de criminel des fonctionnaires qui réclament de meilleures conditions de vie est irresponsable. Gbagbo ignore-t-il le sens du mot criminel ?  La Côte d’ Ivoire est un pays où les inégalités salariales des fonctionnaires se sont considérablement accrues depuis que Gbagbo est au pouvoir. Le Chef de l’Etat a instauré une véritable discrimination au sein de la fonction publique. Il y a deux catégories de fonctionnaires en Côte d’Ivoire : Ceux qui sont indispensables, et qui pendant cette crise font tout pour maintenir le pays débout, mais surtout son pouvoir et qui mérite sa reconnaissance ; ceux-ci ont été récompensés par de substantielle augmentation de salaire. Il s’agit des corps habillés, des préfets et sous-préfets, des magistrats et des personnels des régies financières. Et ceux qui ne sont  pas indispensables, voir inutile. C’est le cas du personnel de santé. Des gens inutiles et qui veulent par des grèves ébranler son régime. C’est ainsi que Gbagbo  analyse les grèves. Le personnel de santé après 3 ans d’étude (infirmiers, sages-femmes, techniciens de santé) et 6 à 7 ans d’étude (médecins, pharmaciens chirurgiens-dentistes) demeurent les fonctionnaires les moins payés. Alors en quoi est-ce criminel de réclamer une justice salariale ?  Ce monsieur qui crie sous tous les toits qu’il est un démocrates dans l’âme ; ce monsieur dont on connait son activisme syndical et politique, dénie maintenant qu’il est au pouvoir, le droit constitutionnel de grève aux fonctionnaires. Vraiment le pouvoir change les hommes en Afrique ! Malheureusement négativement. C’est cette attitude du Chef de l’Etat que je qualifierai de criminel.

Les criminels, le Chef de l’Etat doit les chercher ailleurs. Et il sait où les trouver. Qu’il regarde autour de lui, il verra les criminels. Les criminels, ce sont les fossoyeurs de l’économie ivoirienne. Les criminels, ce sont tous ces ministres, directeurs d’administration, directeurs de sociétés publiques qui en quelques années sont devenus des milliardaires, alors que nous savons tous d’où ils viennent. Les criminels  sont  ceux qui gaspillent l’argent des contribuables en payant des conseillers  et des gens à ne rien faire.  Les criminels, ce sont ceux qui ont pris les armes pour être dans le pouvoir. Le criminel, c'est celui qui a pris la décision  de suspendre le salaire d'un mois pour cinq jours grève, portant ainsi une grave atteinte au droit de grève. Le criminel, c'est celui qui signe un décret et qui ne respect pas sa signature. Et non ceux qui exercent un droit constitutionnel. Si le Chef de l’Etat juge criminel le fait de revendiquer, qu’il ait le courage d’interdire les syndicats.

 

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