Deuxième tour de la présidentielle : danger à l’horizon ?

L’élection présidentielle reportée depuis 2005, a finalement eu lieu le 31 Octobre 2010 dans le calme, l’ordre et la discipline démontrant ainsi l’esprit démocratique et la maturité des ivoiriens. Une élection historique avec un taux de participation record de plus de 83 %. Le verdict des urnes a décidé d’un deuxième tour qui opposera le Président sortant, le candidat de Lmp Gbagbo Laurent, arrivé en tête avec plus de 38% de voix au candidat du Rdr, investit candidat du Rhdp avec plus de 32%, faisant ainsi de Henry Konan Bédié du Pdci, son allié arrivé en troisième position avec plus de 25 %, le faiseur de roi. Ces résultats, malgré des disfonctionnements, viennent d’être certifié par l’Onuci qui selon son représentant ne sont pas de nature à modifier les résultats des urnes, jugés conforme à la réalité.

Avec la caution de la communauté internationale, le deuxième tour de l’élection présidentielle a été fixé au dimanche 28 Novembre 2010. C’est une première en Côte d’Ivoire. Délai d’une semaine réclamé par la Cei pour corriger les disfonctionnements constatés lors du premier tour.

Ce deuxième tour est considéré par certains observateurs de la vie politique ivoirienne comme étant à haut risque. Je suis d’avis avec eux. Le Fpi de Laurent Gbagbo et le Rdr d’Alassane Ouattara sont les deux partis politiques qui ont les militants les plus violents. Souvenons-nous de l’irruption des machettes sur le campus conséquence de l’éclatement du front républicain (Fpi-Rdr), ainsi que des violences qui ont suivi l’élection présidentielle  d’Octobre 2000 et de celles qui ont émaillées les différentes étapes du processus électorales (les audiences foraines et le contentieux électoral). Aussi la résurgence de manière sournoise de la rhétorique de l’ivoirité  du fait du camp présidentiel risque d’alourdir l’atmosphère du second tour de l’élection présidentielle. A force de répéter et de marteler l’expression « candidat  de l’étranger » en parlant d’Alassane Ouattara, on glisse facilement vers Alassane étranger, réduisant ainsi le second tour de la présidentielle en un duel entre Gbagbo l’ivoirien et Alassane l’étranger. Les ivoiriens sont fatigués de ce débat malsain qui depuis 1993 comme un cancer a profondément divisé la nation ivoirienne et alimenté toues les crises politiques et militaires que connaît la Côte d’Ivoire depuis une vingtaine d’années. Conséquence, l’économie ivoirienne est en lambeau. Il faut absolument sortir de ce cercle vicieux parce que les ivoiriens sont fatigués.

Les Ivoiriens veulent sortir du marasme économique, de la misère. Ils veulent la paix, la fin de l’impunité, la restauration du mérite et de l’excellence. Ils veulent le développement, la prospérité et la justice. Ils veulent être mis au travail. Ils cherchent un homme qui peut être devant eux pour réaliser ces rêves, pour refaire de la Côte d’Ivoire un pays stable et prospère. Les Ivoiriens se moquent de la couleur ou de l’ethnie de celui qui recréera les conditions du sursaut ivoirien, les conditions d’une Côte d’Ivoire démocratique, prospère et paisible. Les ivoiriens ont besoin d’un Président qui se départisse des clivages ethniques, régionalistes, religieux et du clientélisme politique. Un Président capable de se conduire en homme d’Etat plutôt qu’en chef de clan. Le choix des électeurs, qui sont face à leur destin et qui ont la lourde responsabilité historique d’écrire une nouvelle page de leur histoire,  doit se fonder sur des valeurs ci-dessus énumérées.

Le plus grand danger qui plane sur ce second tour, c’est la proclamation des résultats. Quelle sera l’attitude de celui qui va perdre ? Aura-t-il suffisamment de sagesse et de grandeur politique pour reconnaître sa défaite et mettre ainsi fin à la grande souffrance des ivoiriens ? Quelle sera l’attitude des Fds, des milices de l’ouest (pro-Gbagbo) et des Fn (pro-alassane) quand on sait que le désarmement n’a pas été effectif. Est-ce que l’Onuci et les forces dites impartiales ont la capacité de prévenir ou de faire face à toute velléité de  reprise des combats en cas de contestation des résultats proclamés par la Cei ?

Je lance un appel solennel, en tant que patriote (au sens noble du terme), à tous les ivoiriens qui estiment avoir suffisamment souffert de cette crise à prendre leur distance définitive de tout candidat qui ne reconnaîtra pas le résultat des urnes et qui appellerait la population à descendre  dans la rue. Pour nous les électeurs, notre slogan de ce deuxième tour de l’élection présidentielle doit être : JE VOTE, C’EST LA FETE !   

Que la sagesse habite les deux camps !

Eburnie, 13 Novembre 2010

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site