Déclaration de Monsieur Aphing N'Guessan, Président du FPI

Dans la nuit du Dimanche 23 au lundi 24 novembre 2008, des individus armés ont attaqué la ville de Séguéla, précisément la prison civile et la poudrière des Forces Armées des Forces Nouvelles qui contrôlent la localité. De nombreux prisonniers, qui seraient des combattants proches de l'ex-com- zone KONE ZAKARIA en disgrâce et réfugié au Burkina Faso, ont été libérés et des armes ont été emportées. Des armes lourdes ont été utilisées et le bilan est lourd : 10 à 30 morts selon les sources, dont de nombreux civils soupçonnés de connivence avec les assaillants et sommairement exécutés après l'attaque. Dans le même temps (28 novembre 2008), des bruits de bottes se font entendre dans la région de Man. 30 prisonniers se sont évadés de la prison civile; des mouvements de combattants sont signalés et des informations récurrentes font état d'un embrasement imminent de la Région.
Les attaques de ces derniers jours viennent aggraver la situation d'insécurité généralisée dans laquelle sombrent les zones CNO sous contrôle de la rébellion des Forces nouvelles : cambriolages, braquages, coupeurs de routes, mutineries de combattants sont les situations quotidiennes vécues par les populations de ces zones abandonnées par l'Etat et livrées aux humeurs et à l'arbitraire de combattants armés sans foi ni loi. Alors le FPI s'interroge :
1 - Pourquoi ?
- Pourquoi deux ans après la signature de l'Accord politique de Ouaga, les populations des zones CNO continuent-elles de vivre hors de l'emprise de l'Etat, de subir l'arbitraire de combattants armés à travers des arrestations et des détentions arbitraires, des exécutions sommaires, et expéditives de mourir dans l'indifférence générale ? !
- Pourquoi deux ans après l'accord de Ouaga, le pays est-il toujours coupé en deux ; une partie du pays est-elle toujours prise en otage par des groupes armés qui refusent la présence de l'Etat et qui pillent impunément, au vu et au su de tous, les richesses nationales ? !
2 - Quand ?
- Quand prendra-t-elle fin cette situation aberrante et insupportable ? !
- Quand est-ce qu'enfin le Premier ministre de la République cessera d'être en même temps le chef d'une rébellion armée qui occupe illégalement une partie du territoire national où ne peuvent pas s'appliquer les lois de la République?
- Quand est-ce que l'Etat, à travers le Gouvernement, décidera enfin d'assumer vis-à-vis des citoyens de ce pays ses responsabilités régaliennes pleinement et totalement ; notamment d'offrir aux populations des zones CNO la Justice et la Sécurité qui leur sont dues, des Services publics de qualité et en quantité au même titre que leurs
frères et sœurs des autres régions ?
3 - Comment ?
- Comment peut-on parler d'élections ouvertes, justes et transparentes dans les conditions actuelles ?
- Est-il possible d'organiser dans la Paix et dans la sérénité et de façon crédible les opérations d'Identification et d'Enrôlement des électeurs dans ces zones soumises au diktat de combattants armés incontrôlés et incontrôlables ? !
- Quelles garanties donne-t-on aux responsables des partis politiques et à leurs militants qu'ils pourront, librement et en toute sécurité, circuler, se faire enrôler et contrôler les opérations d'Identification et d'enrôlement ?
Le FPI s'interroge.
La question essentielle de processus de paix, de l'Accord politique de Ouaga, la question du Désarmement et de la Réunification du pays est l'objet de dilatoire et de fuite en avant.
Or, tout est vain si le Désarmement des combattants et la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national ne sont pas effectifs.
L'Economie du pays risque de s'effondrer et la situation socio-politique de s'embraser si l'unicité des caisses de l'Etat n'est pas réalisée de façon urgente et la confiance des investisseurs, des opérateurs économiques et des bailleurs de fonds restaurée.
C'est pourquoi, le FPI :
- Lance un appel solennel au Président de la République, le Président
Laurent GBAGBO, et au Premier ministre SORO Guillaume, Secrétaire Général des Forces Nouvelles de faire le Désarmement et de la Réunification du pays leur principale priorité et agissent avec détermination afin que les élections se tiennent dans un pays pacifié, réunifié, normalisé ;
- Des élections sans Désarmement n'ont pas de sens ;
- Des élections sans Désarmement signifieront l'échec de l'Accord Politique de Ouaga ;
- Demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurisation totale des opérations d'Identification et d'enrôlement dans les zones CNO et garantir la sécurité et la libre circulation de ses militants ;
- Appelle à la mobilisation totale de ses militants, de ses cadres, des Démocrates et de tous les patriotes pour assurer par leur présence massive dans les zones CNO et par une vigilance à toute épreuve, la réussite du processus d'enrôlement et la tenue prochaine d'élections crédibles ;
- Invite la Communauté Internationale à jouer pleinement sa partition, à soutenir matériellement et financièrement le processus de sortie de crise et à exercer les pressions adéquates sur les Forces Nouvelles afin qu'elles mettent fin à la souffrance des populations ivoiriennes à travers la fin de l'occupation illégale d'une partie du territoire national.
Abidjan, le 28 novembre 2008
Président du FPI
M. Pascal AFFI N'GUESSAN

Sur le fond, je suis d'avis avec le Président du FPI qu'aucune élection crédible ne peut être organisée dans ces conditions. Dans des billets précédents, j'ai relévé toutes ces difficultés inhérantes à la mauvaise volonté des deux signataires des accords politiques de Ouagadougou.
Monsieur Aphing N'Guessan semble rendre responsable de cette situation le Premier Ministre uniquement. Alors qu'il sait que dans le navire ivoire il y deux capitaines, qui seront co-responsables de l'échec ou de la réussite du processus de sortie de crise. Ne pas reconnaître cette réalité est synonyme de mauvaise fois. D'ailleurs son mentor, Monsieur Laurent Gbagbo, lorsqu'il était dans l'opposition, avait déclaré que "la mauvaise fois est la chose la mieux partagée en politique".

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