Côte d'Ivoire yako

 

Le Chef de l’Etat candidat, alors qu’on attendait les propositions du facilitateur Blaise Compaoré, a décidé hier vendredi 12 février dans une intervention télévisée, de dissoudre la CEI et le gouvernement, selon lui pour mettre fin à la crise qui secoue la CEI et sauver l’accord politique de Ouagadougou. A première vue cette décision a été prise de manière unilatérale et cavalière. D’ailleurs Gbagbo a toujours crié à qui veut l’entendre qu’il n’y a pas d’opposition en Côte d’Ivoire, il peut donc ne faire qu’à sa guise. Un objectif visé par le Chef de l'Etat en prenant une telle décision est d'écarter le RHDP du cadre institutionnel du processus électoral, colonne vertébrale de la sortie de crise. Cette décision montre aussi que Laurent Gbagbo n'est pas un homme de compromis. Il prospère dans la confrontation, dans l'épreuve de force. L'opposition politique n'a pas d'armée, donc il n' a aucune considération pour elle. Soro Guillaume a une armée et un territoire, donc il le menage. C'est le principe de l'équilibre de la terreur. Jetez un coup d'oeil sur le parcours politique de Gbagbo. Son cursus politique est jalonné d'épisode de violance. D'ailleurs, son accession à la magistrature suprême ne s'est-elle pas faite dans la violance, dans le sang d'innocents ivoiriens qui ont cru défendre la démocratie. Gbagbo au pouvoir, les a royalement rayé de sa mémoire. Ne me parlez surtout pas de ce triste monument, dit des martyrs.

Cette décision, contrairement à l’argumentation de Laurent Gbagbo, plonge la Côte d’Ivoire dans une incertitude et met un coup de frein au processus consensuel de sortie de crise, donc à l'accord politique de Ouaggadougou. Quand est-ce que ce fameux gouvernement va être mise en place et avec quelle configuration ?  Quelle sera l’architecture de cette nouvelle CEI ? Se fera-t-elle en concertation avec les autres candidats à l’élection présidentielle ? Ou bien ça sera une CEI à la solde  du grand Manitou ? Le véritable problème de Mambé n’est pas l’affaire des 429 000 personnes issues du croisement interne, ce n'est qu'un prétexte, mais plutôt son esprit d’indépendance vis-à-vis du Chef de l’Etat. D’ailleurs Miaka Oreto, le secrétaire général du FPI a affirmé sur ONUCI-FM que son parti n’était pas tout à fait d’accord avec cette composition de la CEI qui n'est pas à leur avantage, qu’il n’a jamais eu confiance en Beugré Mambé et qu’il savait qu’une telle situation se présenterait. A chacun de tirer sa conclusion.

Le candidat Gbagbo veut user de tous les moyens pour gagner l’élection présidentielle : avoir la CEI sous son contrôle ; instrumentaliser la justice pour radier des noms de personnes que son camp a décidé qu’elles ne sont pas ivoiriennes. Il y a deux alternatives qui se présentent au Chef de l’Etat candidat ; soit il organise l’élection présidentielle dans les conditions qui lui sont favorables  avant juin 2010 pour prendre en compte la mise en garde du conseil de sécurité de l'ONU et qui lui permettent de gagner avec certitude, soit il organise l’élection présidentielle à ses conditions en Octobre 2010 après avoir célébré son cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Parce qu'il estime être le maître du jeux.

Qu’elle sera la réaction des partis de l’opposition, de la communauté internationale et de même que Blaise Compaoré, facilitateur de la crise ivoirienne ?

La stratégie du camp présidentiel pour gagner les élections est en marche.

Ainsi va la démocratie ivoirienne sous la refondation.

Que Dieu protège les ivoiriens !

 

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