Ma meilleure amie me sacrifie

 

C’était un dimanche après-midi de décembre dans un cyber où depuis douze mois le gérant me considérait comme sa cliente la plus fidèle. Je consultais ma boîte électronique que je n’avais pas visitée il y a une semaine. J’émis soudain u grand cri de joie que les regards des autres clients se tournèrent vers moi dans ce lieu d’ordinaire calme.

Situé à cinq cent mètre de notre domicile, cet espace était pour moi un porte bonheur. En effet, ma meilleure amie et moi avions découvert cet endroit au cours d’une petite balade. Notre quartier Mossikro, l’un des plus pauvres d’Abidjan venait de s’offrir son premier cybercafé. Liliane, mon ami et moi fréquentions pratiquement chaque jour ce lieu car nous espérions à travers internet rencontrer le prince charmant. Celui qui nous ferait sortir de cette vie précaire que nous vivons.

Liliane avait eu plus de chance que moi. Son correspondant, un français après seulement trois mois de correspondance arriva sur les bords de la lagune Ebrié.

Marcel, la cinquantaine passée était à la retraite. Veuf depuis une dizaine d’année, il était tombé sous la beauté et le charme de Liliane quand celle-ci lui faisait parvenir ses photos. L’homme souhaita dans leurs échanges effectuer le déplacement dans le but de l’épouser et l’emmener vivre à Paris. Il tint parole et deux jours après son arrivée à Abidjan, leur mariage fut célébré dans la plus grande discrétion où je fus le témoin de mon amie.

Le jour de leur départ, Liliane me promit que je la rejoindrais bientôt. Elle me rassura en ces termes :

-   Ne t’en fait pas Doriane, juste le temps que je me retrouve dans cette nouvelle société, et je te fais partir…

La tristesse dans le corps, elle me sera dans ses bras en guise d’au revoir dans le hall de l’aéroport Félix Houphouet Boigny bondé de passagers et d’accompagnateurs en cette période de fin d’année. Chaque jour je m’imaginais moi aussi de plus en plus dans un avion atterrir sur la ville lumière car j’avais confiance en elle. Deux fois par semaine, je me rendais dans notre « cyber » porte bonheur à des heures précises pour échanger avec Liliane. Elle me racontait sa nouvelle vie, la beauté du pays et son envie de me voir à ses côtés. Désormais je passais ma journée à rêvasser.

Je savais Liliane sincère, puisque notre amitié datait de depuis longtemps. Nous n’étions que des gamines. J’avais neuf ans et elle dix ans. Aujourd’hui à vingt-deux ans en plus d’être des voisines de maison, nous avions fait et abandonné les bancs au même moment et nous sommes restées de bonnes amies. Nos parents n’avaient plus les moyens de nous scolariser.

Dans ce cyber, la raison  de ma jubilation était que mon amie me demandait de lui faire parvenir des documents afin de me produire un visa. Elle me signifiait de m’arranger à trouver l’argent nécessaire à l’achat d’un billet d’avion. Je devais la rejoindre en France. Cette nuit de dimanche fut la plus longue de ma vie. Je n’arrivais pas à m’endormir. Je réfléchissais à comment trouver cet argent. Je n’avais aucune activité et je ne voyais personne qui pourrait m’aider. Et pourtant j’étais à quelques pas de la plénitude.

La seule idée qui me vint à l’esprit, fut de pratiquer le plus vieux métier du monde : c’est-à-dire me prostituer.

Le lendemain, j’expliquai discrètement ma préoccupation à un jeune homme que je connaissais bien. Je le savais proxénète de luxe, et je voulais profiter de ma beauté pour réaliser mon rêve. Il me fit savoir que ma situation était délicate et que je devais faire d’énormes sacrifices pour avoir une telle somme. Il me proposa comme solution de me trouver des hommes nantis qui avaient pour fantasme de disposer d’une fille à quatre voire plus. C’était déshonorant mais que pouvais-je faire d’autre ? J’acceptai sa proposition et ainsi deux fois la semaine, je devais satisfaire l’envi et la perversité de riches vieillards. Bien sûr ils me remettaient assez d’argent après satisfaction. Au bout de quatre mois, je réussis à économiser huit cent mille francs. Entre temps, je fis mon passeport sans trop de difficultés. Liliane quant à elle m’avait fait  venir mon visa. Dorénavant mon horrible passé était déjà loin. J’allais me retrouver au pays des blancs et oublier ce passage triste de ma vie.

Quand je foulai le sol de Paris, une sensation de bien-être me traversa le corps. Je respirais un air différent de celui qui m’était accoutumé. Bref, je ressentais la vie. Après les formalités douanières et administratives j’aperçus au hall de l’aéroport d’Orly, Liliane qui me faisait un signe de la main. Elle était en compagnie de son époux qui était également venu m’accueillir. Je connaissais déjà Marcel puisqu’à Abidjan, je fus le témoin de sa femme à leur mariage. Le couple me fit les accolades et je lisais dans les yeux de Liliane la joie de me revoir. Ils m’aidèrent à transporter ma seule valise de voyage et m’emmenèrent chez eux. Une chambre était déjà prête pour moi.

Ma couchette avait en son sein une toilette et un lit douillet dont le confort rappelait celui d’une reine. Ce lit fièrement dressé m’attendait. L’immense placard recouvert de glace était trop grand pour contenir le contenu de ma petite valise. Marcel qui se rendait à Marseille pour affaires fit un baiser à sa femme. Il serait de retour le lendemain ; dit-il avant de s’en aller.

Liliane et moi causâmes pendant de longues heures. Elle m’apprit par la même occasion qu’en dépit de l’amour que Marcel lui vouait, elle ne ressentait véritablement pas d’affection pour lui et qu’il serait nul au lit. Mais en retour elle était amoureuse d’un jeune métisse, un ami et voisin de son mari. Jean-Louis, un franco-ivoirien était célibataire et travaillait au crédit lyonnais.

Ainsi, mon quotidien rimait avec la connaissance de la ville et les balades quand Liliane ne travaillait pas.

Un soir, Marcel m’apprit qu’il invitait une personne à dîner et qu’elle semblerait s’intéresser à moi. Alors que j’aidais Liliane à faire la table, la sonnerie de l’appartement retentit. Marcel nous pria de continuer de travailler et qu’il se chargerait d’L’homme qu’il invita à entrer était un vrai apollon. J’eus le souffle coupé et une sorte de décharges électriques lorsqu’il me regarda dans les yeux. Je croix que c’est ce qu’on pourrait appeler le coup de foudre. Une attirance mutuelle naquit entre nous. Nous ne faisons que surprendre à s’observer. En fait, Marcel avait invité Jean-Louis son voisin, sachant qu’un  courant sentimental naissait entre nous. Il connaissait le goût féminin de son ami et il savait qu’il ne se tromperait pas à son sujet. Nous recevions maintenant et de façon régulière les visites de Jean-Louis. Il me demandait quelques fois de passer chez lui afin de mieux échanger en intimité. La galanterie et le respect qu’il me portait ne faisaient aucun doute. Je sentais que l’homme m’estimait et c’était réciproque. Liliane de son côté devenait de plus en plus distante envers moi. Je savais qu’elle me jalousait car malgré qu’elle m’ait avoué son amour pour le banquier, je m’obstinais à être proche de lui. Depuis notre première rencontre, il ne s’était encore rien passé entre Jean-Louis et moi jusqu’au jour où, restée seule avec Liliane la police française débarqua chez mes tuteurs. C’est en ce moment que je compris ce que venait de faire Liliane. Elle avait caché mes papiers et je me trouvais en situation irrégulière. Je fus embarquée et rapatriée « expresso » en Côte d’ivoire. Je ne pouvais comprendre l’attitude de Liliane, puisqu’elle était mariée. Pourquoi m’a-t-elle trahi et offensé de cette manière ? Je pleurais toutes les larmes de mon corps. J’avais envie de mourir. Je me retrouvai à Mossikro pour continuer ma destinée misérable ….

J’avais perdu tout espoir quand ce jour-là, je rentrais à la maison après une promenade. Ma sœur cadette accourut vers moi et me fit savoir que quelqu’un m’attendait à la maison. Excitée, elle me disait que c’était un « boss » métis et beau. Je ne connaissais pas de boss  qui pourrait venir me rendre visite dans ce quartier précaire…

Grande fut ma surprise de voir Jean-Louis assis chez nous m’attendant. J’étais stupéfaite, il sauta dans mes bras et je profitai également pour lui faire une bise. Mon métis m’expliqua qu’il avait effectue le déplacement car Liliane avait avoué son acte  à son mari qui aussitôt l’a mis au courant. Il serait venu lui aussi parce qu’il m’aime.

Je suis repartie quelques semaines plus tard avec mon amoureux à Paris où  nous officialisâmes notre union … De passage à Abidjan où j’ai découvert ce petit journal, je suis passée à la rédaction pour relater mon témoignage à moi qui sort des contes de fées.

Doriane in Mon Témoignage.

 

 

 

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