M'arracher mon homme, ça, jamais.

 

Nous étions exactement à sept jours de l’évènement. Les préparatifs du mariage se déroulaient très bien. J’étais très heureuse car non seulement non seulement j’allais me marier mais c’était avec l’homme de mon cœur. J’avais choisi Diane, ma meilleure amie comme ma dame de compagnie. Elle était très active et attentionnée. Aucun détail ne lui échappait. Elle se rassurait que j’étais entourée de soins. La trentaine, diane était plus âgée que moi de deux années. Notre amitié est née il y a trois ans. Nous fréquentions le même cabinet de formation au métier d’aide-soignante à Adjamé 220 logements. Inséparables, on ne pouvait voir Diane sans m’apercevoir. Nous nous confions l’une à l’autre à telle enseigne que la vie de ma copine n’était pas un secret pour moi et vice versa. Diane était l’amie idéale. Quoi de plus normal donc de la choisir comme ma dame de compagnie.

D’ailleurs, je lui devais une fière chandelle car j’ai connu Damas grâce à elle. C’était en 2007, diane et moi sortions du cabinet de formation à la fin des cours quand un homme, la trentaine, d’une élégance sûre nous accosta. Il était visiblement séduit par la beauté de chacune de nous. Après hésitation de notre part, l’homme insista si bien que nous acceptâmes volontiers de lui consacrer quelques minutes. Autour de boissons alcoolisées, Damas, l’air sérieux et le verbe convaincant semblait indécis sur son choix à draguer l’une d’entre nous. Nous étions toutes les deux d’une beauté rayonnante mais il finit par jeter son dévolu sur Diane. Malheureusement, ma copine n’était pas intéressée par l’amour d’un enseignant du privé au salaire de misère. Je la savais matérialiste, donc très attirée par les hommes ayant une bourse consistante. Elle n’était point disposée à accepter les avances de Damas. Elle avait l’intention de lui soutirer du sou en lui vouant un semblant d’amour. Je fis savoir à ma copine qu’elle gagnerait à accepter les avances de l’homme puisque nous étions des célibataires sans enfant. Malheureusement, elle ne pouvait être amoureuse d’un homme de petite taille, à peine un mètre cinquante neuf ayant une forme arrondie de personne pleine d’embonpoint. Elle était attirée par les hommes corpulents. Damas, loin de s’imaginer que ma copine à lui rien que pour de l’argent couvrait Diane de gâteries. Mais toutes les fois que l’enseignant souhaitait passer une nuit chaude en sa compagnie, elle prétextait une astuce pour l’éviter. Elle avait fini par inventer une maladie vaginale dont les ordonnances médicales falsifiées pour le traitement furent payées par Damas. Je décriai cette escroquerie orchestrée par mo copine car l’homme, très gentil et sérieux ne méritait pas un tel traitement. Je me gardais d’expliquer toutes ces machinations à Damas.

Six mois déjà que l’enseignant faisait une cour assidue à Diane. Et pourtant, elle usait de subterfuges pour ne pas subir ses assauts sexuels. Etant très rapprochée d’eux, Damas me chargea d’intervenir auprès de ma copine afin qu’elle accède à ses avances. Je savais que Diane ne l’aimait pas mais je me contentais de lui mentir qu’il devait patienter et qu’elle finirait un jour par l’accepter.

Un soir, Damas vint nous inviter au cinéma Ivoire pour suivre la projection d’un film qui sortait en exclusivité. Diane avait rendez-vous avec l’un de ses amants fit savoir à son soupirant qu’elle souffrait de violents céphalées. Il lui fallait donc se reposer. Déçu, Damas me demanda de lui tenir compagnie. Je me fis pimpante avant de me rendre avec lui au cinéma. Après ce film  sensationnel, plein d’émotion, nous nous rendîmes dans un bar pour prendre un pot. Chagriné par l’amour de Diane, l’enseignant s’ingurgita plusieurs verres d’alcool. Moi, j’avais consommé modérément le vin mousseux, mais je titubais en marchant. Il m’expliqua combien de fois l’amour de Diane le brûlait au point de le rendre fou. Je comprenais l’homme. Quand on aime véritablement, on perd souvent la raison. Moi, j’avais connu trois hommes qui m’avaient tous déçue. J’avais énormément souffert. A présent, je ne voulais plus m’engager dans une relation sentimentale pleine d’amertumes. J’accompagnai Damas chez lui. Il était 22 heures. Il vivait seul dans un studio. Le cadre était plaisant. Une fois à l’intérieur de la pièce, Damas qui me tenait par la main, contre toute attente me saisit la hanche. Je n’osai m’opposer lorsqu’il approcha ses lèvres contre les miennes. Ce n’était qu’après un baiser suave que je me dégageai. Il s’assit sur le bord du lit et tint sa tête entre les mains. Je fis comprendre que nous n’avions pas le droit de faire ça à Diane qu’il draguait. Ce serait indigne de ma part de trahir ma meilleure amie. Damas acquiesça de la tête en me fixant de son regard ravageur. Ce soir là j’étais subjuguée par son charme qui m’attira du coup. Il se saisit de mes deux mains puis me sourit avant de s’excuser. J’avoue que le baiser que nous avions échangé avait transpercé mon cœur au point que mes lèvres quémandaient une reprise. Comme s’il l’avait lu dans mes yeux brûlant de désir, l’enseignant se leva promptement du lit. Il m’embrassa à nouveau avec fougue, mon corps était entièrement à sa disposition. Il me pelotait les seins qu’il suçait goulûment. J’étais ivre de bonheur. Je glissai ma main dans son pantalon d’où son membre viril raidissait, gonflait et se redressait, je gémissais de plaisir lorsque Damas épiçait nos ébats. Cette nuit là, l’enseignant qui était au sommet de son excitation, me posséda toute la nuit. Je me réveillai le matin blottie dans sa poitrine velue. Après cette nuit pleine de sensation forte, Damas et moi, faisions régulièrement l’amour sans toute fois attirer l’attention de Diane. C’est trois mois plus tard que je décidai de passer aux aveux car Damas et moi, nous nous vouions un amour réciproque. Après maintes hésitations, j’annonçai la nouvelle à ma copine qui, bizarrement ne fit point d’opposition. Au contraire, elle me rappela que je suis sa meilleure amie et que je le resterai. Mon amour pour Damas, son soupirant ne pouvait donc ébranler notre amitié vielle de plusieurs années. D’après elle, sans hypocrisie aucune, je pouvais convoler en juste noce avec lui.

Désormais, Damas et moi étions des concubins. Il me dota. Je dirai que mon entrer dans la vie de l’enseignant fut le début de la plénitude de l’homme. En effet, un matin, Damas avec un air jovial vint m’annoncer sa réussite au concours d’entrée à l’école nationale d’d’administration en qualité d’administrateur des services financiers, option trésor. Je ne savais comment exprimer ma joie tellement l’émotion était à son comble. Emportés dans les effluves de la joie, nous échangeâmes un long baiser. J’étais fière de mon chéri dont un avenir reluisant se dessinait dans sa vie. Damas me fit savoir que j’étais à l’origine de son succès car bien avant de me rencontrer, il avait maintes fois essuyé des échecs à ce concours. J’étais donc son porte bonheur. J’étais heureuse d’entendre ses propos élogieux à mon égard. Mon chéri me promit amour, fidélité et bonheur. Pour lui, j’étais et je resterai la femme de sa vie. Il comptait même me conduire devant monsieur le maire.

J’appris la nouvelle du succès de Damas à Diane. Elle manifesta un simulacre de joie qui ne me laissa pas indifférente.

Quelques mois après son brillant succès, Damas et moi décidâmes de nous unir pour le meilleur et pour le pire. Je remerciai Dieu de m’avoir donné un homme aussi attentionné qui n’avait d’yeux que pour moi. Comme par enchantement, je constatai que j’étais enceinte de huit semaines. La vie me souriait à belles dents. Contracter une grossesse de l’homme qu’on aime est un bonheur sans fin.

Diane, ma meilleure amie, ma dame de compagnie comme je le disais tantôt se mettait activement à la tâche afin que mon mariage soit une réussite. Cependant, je n’avais jamais songé qu’elle cachait une idée obscure derrière la tête.

Un soir, alors que je me laissais emporter dans une rêverie en suivant un feuilleton brésilien, une jeune fille du quartier qui avait beaucoup d’estime pour moi vint m’interrompre.

-         Oh ! Grande sœur chérie, tu ne mérite pas cela.

-         Quoi ! Je ne mérite pas quoi, Criai-je.

Je pensais aux commérages entre femmes.

-         Tu ne croiras pas.

-         Quoi donc ?

-         Eh bien, ton futur époux Damas, je viens de l’apercevoir dans les bras d’ une charmante demoiselle dont j’ignore l’identité malheureusement.

Du coup une forte tension venait de s’emparer de tout mon être.

Je refusais de l’admettre. Et pourtant, mon cœur battait à rompre. Je ne pouvais croire que mon Damas fut capable d’un tel acte. Cependant, voulant avoir le cœur net, je rendis au lieu indiqué. A la réception de l’hôtel, le gérant refusa de m’informer sur une éventuelle présence de mon chéri dans leur établissement. Je me retirai puis allai me poster dans une pénombre non loin de là pendant plus de trois heures, j’imaginais mon Damas entrain de se blottir contre une péripatéticienne dont j’ignore la nature. Je brûlais dans mon fort intérieur. Vraiment cette attente fut longue vu la rage qui m’abritait. Quelques instants plus tard, je vis Damas et Diane ressortir de l’hôtel bras dessus bras dessous. Je fus emparée d’un vertige qui faillit me faire perdre connaissance. J’avais du mal à croire que cette péripatéticienne est ma meilleure amie qui de surcroît venait de me « taper dans le dos ». J’étais si tétanisée que de grosses gouttes de larmes s’échappèrent de mes yeux. J’avançai promptement vers eux. Damas était surprit de me voir mais bizarrement, Diane paraissait sereine comme si elle s’y attendait. Impulsive que j’étais, je me jetai sur mon homme en lui portant des coups. Alors qu’il se confondait en excuses en me disant que ce n’était pas ce que je croyais. Diane nous abandonna dans cette scène qui, bien que se déroulant tardivement attira des curieux. Honteux, Damas profita de la présence de la foule qui me retint de lui porter un coup mortel avec la grosse pierre que je tenais pour s’en fuir.

Après cette nuit terrible et époustouflante, Damas tenta en vain de me convaincre qu’il avait succombé à une tentation et qu’il tenait toujours à moi. Et pourtant, les langues indiscrètes racontaient que sa relation d’avec Diane durait depuis un bon moment. La preuve, ma meilleure amie, celle que j’avais prise comme dame de compagnie disait à qui voulait l’entendre qu’elle était l’élue du cœur de Damas et que je l’aurais « rasée ». Elle comptait d’ailleurs mettre tout en œuvre afin que mon mariage échoue. Je sentis mon mariage menacé, je voyais mon espoir entrain d’être brisé. Aujourd’hui ma grande préoccupation est que je porte une grossesse de huit semaines que je voudrais faire avorter. Je trouve même qu’il est mieux  de m’en débarrasser vu le comportement de l’auteur. Mais, abandonner mon homme  où me débarrasser de cette grossesse serait de faciliterl’arrivée de Diane dans la vie de mon Damas chéri.

Damas, le bout d’homme qu’elle injuriait hier a-t-il grandi pour qu’elle me le dispute au point de vouloir m’arracher mon mari ?

Je me demande même si le mariage programmé serait possible. Et si c’est le cas, laquelle d’entre nous Damas épouserait ? Je souffre.

Je pris donc une résolution qui ma foi me semblait logique puisque l’Afrique regorge beaucoup de potentialités mystiques, donc je me vis obligé d’avoir  recours à un féticheur pour qu’il puisse me débarrasser de cette Diane que je ne voulais plus croiser à travers mon chemin. D’autres se demanderont pourquoi cette mauvaise résolution ? Tout simplement parce que les hommes qui veulent des épouses sont rare de nos jours. Je perds la tête. Que dois-je faire ?

Source : La vie et ses réalités

 

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