Le mariage, ça marche le plus souvent la deuxième fois

J’ai divorcé officiellement d’avec Monsieur Désiré Mensah depuis le mois d’Août 1999. Il fut mon premier homme jusqu’à ce que nous nous mariions.

Nous nous connaissions depuis l’adolescence, mais il n’existait rien entre nous en ce moment là. Nous habitions simplement dans le même quartier. Notre idylle a commencé dans des circonstances de réjouissances quand j’étais en seconde. Désiré avait réussi à son examen de baccalauréat et le même week-end, ses parents organisaient une fête en son honneur. Il m’adressa une invitation spéciale. L’attention que Désiré me porta lors de cette célébration finit par me convaincre qu’il ne ressentait pas seulement de l’amitié pour moi. Désiré profita de l’occasion pour m’avouer ses sentiments d’amour.

J’étais encore très jeune pour entretenir une relation intime avec un homme. Aussi, j’étais subjuguée par la délicatesse avec laquelle Désiré me traita. Au début, nous nous cachions pour flirter. Mais au bout d’une année, notre relation était si forte que nos parents respectifs en furent informés.

Aussi à force d’entendre dire par nos amis et connaissances que nous formions le « couple idéal », nous y avons cru.

Après huit années d’une relation parfaite et sans histoire, je fus engagée dans une agence conseil en communication. Désiré travaillait déjà dans un cabinet d’expertise comptable international. Que nous restait-il de plus ? Le mariage pour renforcer nos liens. Quand nous sommes mariés, il avait 27 ans et moi 24. Malheureusement pour nous, dès la troisième année de notre union, l’édifice construit ensemble commença à s’effondrer.

Désiré rentrait de plus en plus tard, souvent puant l’alcool. Et quand il rentrait tôt, il ne m’adressait plus la parole que pour demander ce qu’il y avait au menu comme dîner. Nous étions devenus des étrangers. Nos relations intimes n’étaient plus qu’une question d’habitude et nous ne faisions plu rien ensemble, comme d’aller en amoureux rendre visite à nos parents ou sortir pour nous distraire. Nos échanges étaient sujets à discussions.

Sans enfants, je ne pouvais supporter une telle situation. Chaque soir, dans mon esprit défilait avant de m’endormir cette phrase : « Ce mariage ne pas marcher ». Aussi, je ne pouvais l’admettre, lorsque je pensais aux promesses et aux moments de joie vécus.

Malgré les recommandations et conseils de nos témoins de mariage et parents, nous avions essayé de faire quelques concessions, mais en vain. L’amour s’était envolé, nous ne ressentions plus rien l’un pour l’autre. Je l’accusais de tous les maux, alors que lui devenait de plus en plus désagréable.

Notre séparation était logique, inévitable même. C’est ainsi que nous avions divorcé d’un commun accord. J’étais soulagée, lui aussi, je crois. Seulement, je l’ai ressenti comme un immense échec. Naïvement je pensais que se marier c’était pour toute la vie….

Durant les sept ans qui ont suivi, je partageais ma vie entre mon job et quelques aventures sans lendemain. Mais je n’étais pas heureuse  pour autant. Je ne pouvais m’imaginer rester vieille fille, seule sans foyer. Je me disais : « le mariage, la vie de couple, ce n’est pas pour moi ». Une amie m’encouragea de ne pas me laisse abattre. Elle me conseilla que l’homme qui m’est réservé est plus proche de moi que je ne pouvais l’imaginer.

Et puis, un jour par hasard, j’ai fais la connaissance de Ban Jean Pierre.

Nous étions à un concert d’un artiste antillais venu sur les bords de la lagune ébrié. Le spectacle avait eu lieu au palais des congrès de l’hôtel Ivoire. La salle était comble, car cet artiste avait de nombreux fans à Abidjan. Hommes et femmes appréciaient sa suave voix. Assis à mes côtés, Jean Pierre me fit rire tout le temps que dura le concert. Ce fut une belle soirée que je passai en sa compagnie. Il m’invita à poursuivre la soirée dans un restaurent bar.

Ce soir-là, mon compagnon me montra qu’il existait encore dans ce monde, des hommes qui puissent faire vibrer le cœur d’une femme déçue. Il savait dire ce qui plaît à une femme. A une heure, il me raccompagna à mon domicile. Jean Pierre Ban, métis, costaud, sportif, plein d’énergie est le directeur marketing d’une société de téléphonie mobile. Bien que n’étant pas marié, il sortait d’une longue relation où la trahison s’était encore illustrée.

Nous étions tombés amoureux ! Je reprenais une nouvelle relation avec réserve mais mêlée d’un sentiment d’espoir. Nous nous connaissions depuis cinq mois à peine qu’il me parlait déjà de mariage. Je ne me sentais pas prête, compte tenu de mon premier échec que je lui expliquai. Alors pour ne pas le vexer, je lui dis : « essayons d’abord de vivre ensemble, après on verra… ». C’est là que je me rendis compte que mes six ans de vie en solitaire m’avaient changée quand nous fîmes ménage ensemble. Les défauts que je ne supportais pas chez Désiré, comme ses sorties avec ses copains ou les matchs de football à la télé jusqu’au milieu de la nuit, je les tolérais chez Jean Pierre. Je ne m’énervais plus quand bien même que Jean Pierre lui-même avait ses défauts. Par exemple lorsqu’il laissait traîner son linge ou très rarement quand il rentrait tard parce qu’il avait pris un pot avec des copains. Aussi à sa demande, bien que je n’aime pas le football, il m’arrivait de l’accompagner au stade lorsque notre équipe nationale jouait.

Pourquoi ? Peut-être parce que j’ai compris que quand un homme vous aime, ses petites manies sont sans importance. Peut-être aussi parce qu’avoir vécu seule pendant six ans m’a rendue tolérante, prête à vivre à deux et non seulement pour moi. Avec lui, j’aimais les longues discussions qu’on avait le soir au lieu de rester planter devant la télé comme c’était le cas avec mon premier mari. Je me sentais plus forte, prête à construire un second foyer, sûre que cette fois ça marcherait.

Un soir, alors que nous étions couchés, je lui dis que je voulais me remarier, il m’a juste répondu : « génial, maman ! » avant de me faire un baiser et s’endormir…

Depuis, j’ai trouvé cette harmonie que je ne croyais pas possible. Je ma suis mariée avec Jean Pierre il y a quatre ans et je ne l’ai jamais regretté. Tous deux nous formons un vrai couple solide avec deux enfants. Yannick trois ans et Yasmine quatorze mois. A travers ce témoignage, je voudrais m’adresser à toutes les femmes divorcées d’être fortes. Car quelque part se trouve le prince charmant dont elles rêvent. Il n’attend que vous.

Soyez tolérantes lorsqu’il est là et vivez non seulement pour soi mais pour deux. J’exhorte toutes les femmes seules à croire au bonheur.

Mme Ban née Loukou A. in Mon Témoignage  

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