J’ai couché avec mon papa pour faire prospérer mon commerce

Bien des fois, le temps et les circonstances nous révèlent le caractère odieux des actes que nous posons.

Je me nomme Makissa, j’ai 27 ans et je vous le dit tout suite, j’ai couché avec mon père pour faire prospérer mon commerce. Je sais, c’est choquant d’entendre une telle révélation mais je vais vous expliquer ce qui m’est arrivée pour que plus jamais quelqu’un en arrive à cette extrémité. Il est claire que je n’attends pas des lecteurs qu’ils comprennent mon acte, je veux juste me libérer d’un poids que j’ai de plus en plus du mal à supporter.

J’ai grandi dans la commune d’Adjamé et très tôt je savais ce que je voulais faire plus tard : le commerce. Ecolière, je considérais l’école comme un endroit où je pouvais acquérir des connaissances pour être une bonne commerçante. J’aimais les mathématiques. Très tôt mes parents se rendirent compte du penchant que j’avais pour le commerce. Je proposais déjà des « tôffis » et autres bonbons à mes camarades de classe. Et très vite on me surnomma la commerçante. J’avançais difficilement à l’école et lorsque j’ai échoué à l’entrée en sixième, ma décision était prise. J’en avais marre de l’école et je décidai de me lancer dans le commerce. Je n’eus pas de mal à imposer ma décision à mes parents. Mon père et ma mère étaient eux aussi commerçants. J’avais treize ans et comme la majorité des jeunes filles malinké de mon âge, je commençais en vendant des articles divers à la criée dans les rues d’Adjamé. Très vite je me fondis dans un groupe de jeunes filles qui avait pour chef de fil Zénabou, une fille d’origine béninoise. Elle avait un réel don pour le commerce et toute la bande la respectait pour sa réputation. Les années s’égrenaient mais notre bande subsistait quand bien même que certaines s’étaient converties à d’autres activités. Moi, je vendais toujours mais plus à la criée comme par le passé. Je vendais plutôt devant un magasin. J’avais maintenant 19 ans et Zénabou nous parlait de ses projets. Elle ambitionnait de l’import-export entre Abidjan et l’Asie (Dubaî et Pékin). Pour l’heure, elle s’attaquait à la sous-région (Togo, Bénin, Nigeria). Toutes voulaient lui ressembler ; je ne vous cache pas que c’était mon idole. Ses affaires marchaient. Six mois après avoir commencé sa conquête dans la sous-région, elle a du prendre un magasin plus grand. Elle me proposa de travailler avec elle. Ce que j’acceptai très honorée. Mon idole ne savait ni lire mi écrire. Et je lui apportais beaucoup ; car elle me faisait entièrement confiance. Consciente du rôle déterminant que je jouais à ces côtés, elle me promettait qu’un jour elle m’aiderait à devenir une grande commerçante comme elle. J’attendais ce jour avec impatience. Ce jour arriva lors d’un de nos séjours à Cotonou ; elle m’explique qu’elle devait sa prospérité à un prêtre vaudou résidant à Ouidah. Elle me proposa d’y aller avec moi si je voulais vraiment devenir une grande commerçante. La seule condition c’est qu’une fois sur place, je ne pouvais plus me rétracter car il fallait obéir au prêtre au risque de trouver malheur en chemin de retour. J’avais l’habitude de consulter des marabouts et je me dis, bien que ce soit, ce n’était pas nouveau. Je répondis à Zénabou que j’étais prête à y aller si elle pouvait me garantir que le prêtre ne me demanderait pas de sacrifice humain. Car je ne me sentais pas capable de tuer pour prospérer. Elle me rassura que son prêtre était contre cette pratique. Nous nous rendîmes un matin très tôt. Zénabou était respectée en ce lieu et nous n’eûmes pas à attendre longtemps  pour être introduites auprès du mystique. Nous étions dans une pièce partiellement éclairée.  J’avais très peur. Ma compagne Zénabou me prenait la main pour me rassurer. Au bout de dix minutes qui me parut interminable, je vis un homme de grande taille, vêtu de rouge, faire son entrée par une porte que je n’avais même pas vu. Zénabou se leva comme éjectée de son siège ; instinctivement, je me levai aussi. Tout comme ma camarade, j’avais la tête baissée, le silence était pesant. Quelques instants après son entrée, il nous salua d’une voix d’outre tombe. Nous répondîmes quasiment en cœur la tête toujours baissée.  « Asseyez-vous », nous lança-t-il. Nous nous exécutâmes. Il continua en ces termes :

-          Bienvenue mes filles. Je sais dépuis hier pourquoi vous êtes là. S’adressant à moi.

Il  m’appela et dit : « tu seras une grande commerçante si tu le veux. Lorsqu’on arrive ici chez moi on a la solution si on a la volonté ».

Avant que je puisse dire quoique ce soit, Il me  tendit un sachet noir et me sortit les terribles propos suivants : « arrange-toi pour que ton père boive cette poudre noire dans du café ou dans tout autre breuvage sans qu’il ne se rende compte. Après tu devras coucher avec lui. Ne t’en fait pas, avec cette poudre, il ne se souviendra jamais. Il faudra répéter trois fois dans un intervalle de deux semaines maximum. Il faudra recueillir la semence en récitant des incantations que je t’indiquerai. Tu verras dans un temps record ton commerce prospérera au delà de tes espérances ». J’étais pétrifiée mais résolue à ne pas reculer. Zénabou m’encouragea et me fit promettre de garder le secret. De retour à Abidjan, je n’eus pas trop de mal à mettre mon plan satanique en œuvre. L’âge avait rendu papa casanier et amateur de café noir. Comme il était souvent seul à la maison la journée, en une semaine j’ai eu mes trois rapports avec lui. Zénabou était heureuse, elle me félicita et m’informa qu’elle a ouvert une boutique en mon nom, et que la boutique m’appartenait entièrement. C’est ainsi qu’elle devint ma marraine. J’avoue qu’elle a été d’un grand apport pour mois car c’est elle qui a guidé mes pas vers la prospérité. Cinq mois ont suffit pour que ma vie devienne un rêve. Quelque temps après, ma camarade et moi nous nous rendîmes à Pékin et Dubaî pour y acheter des marchandises. Chacune prospérait et était une vraie fierté pour son entourage. La vie était belle. En 2010, mon père mourut des suites d’une courte maladie sans jamais savoir comment je me suis servie de lui comme marchepieds pour être la fille dont il était fier. Je pleure souvent quand je pense à tout ça. En janvier 2012, Zénabou a été abattu au cours d’un braquage. Ce qui pour tous était un banal fait divers. Mais pour moi,  c’est un drame aux multiples conséquences. En effet, Zénabou, ma marraine, est partie me laissant seule sans aucune directive quant à la conduite à tenir vis-à-vis du prêtre vaudou. Il est vrai que je pleure une amie, une sœur, mais, je pleure surtout le sort qui allait m’être réservé. Je n’ose pas retourner seule à Ouidah. Et tous les matins je me réveille me disant que c’est mon dernier réveil. Mes affaires marchent toujours mais j’ai la certitude qu’elles vont s’écrouler un matin comme un château de cartes. Je ne vis plus, je végète car derrière ce statut de femme puissante que je présente dans la rue et dans mon entourage, je ne suis plus qu’une âme en peine, attendant le coup de grâce. J’ai beaucoup de regret.

Source : Secret stoury

 

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