ADO aux chefs Atchan: “Je veux rassembler les Ivoiriens”

 

 

Publié le mercredi 13 octobre 2010   |  Le Patriote



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© Partis Politiques par Cecom RDR
Vendredi 23 juillet 2010. Vavoua. Le président du Rassemblement des républicains, Alassane Ouattara porte le brassard rouge des journalistes en grève et exige la libération de leurs prisonniers

 

Dans le cadre de ses rencontres de proximité, le candidat Alassane Dramane Ouattara a rencontré l’ensemble des 60 chefs des villages Atchan au Palais de l’unité (siège de la chefferie) d’Abobo-Baoulé. Une rencontre qui a permis à ADO de présenter, aux propriétaires terriens d’Abidjan, son programme de société. Nous vous proposons en intégralité son discours.

Honorables chefs de village,

Chers notables,

Chers frères et sœurs,

Merci de votre accueil ce matin. Merci de me recevoir avec autant de considération et de chaleur. Le ministre Marcel Amon Tanoh, a indiqué les raisons de notre visite ce matin. Je voudrais, avant de poursuivre, indiquer que je ne suis pas à ma première visite à Abobo-Baoulé. Il y a quelques mois, j’étais ici pour rencontrer la notabilité. Je suis heureux de revenir ici en l’espace de quelques mois et cette fois-ci, pour rencontrer les chefs Atchan.

Je voudrais d’abord vous remercier. Vous remercier pour les bénédictions et les prières que vous venez de faire. Je voudrais vous dire que comme chacun de nous croyants, nous souhaitons que la paix règne sur notre beau pays. Je voudrais aussi vous saluer, chers chefs pour l’accueil qu’ont réservé, il y a quelques jours, les femmes Atchan à Henriette Dagri Diabaté, secrétaire général du RDR et à mon épouse Dominique Ouattara. Evidement, Marcel Amon Tanoh vous l’a dit, nous vous remercions pour votre hospitalité, car Abidjan, c’est votre terre. Vous avez reçu les populations de toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Je m’en félicite. Effectivement, j’ai terminé le week-end dernier ma tournée de toutes les régions de Côte d’Ivoire, toutes les 19 régions de la Côte d’Ivoire, je les ai visitées au cours des 12 derniers mois. J’ai visité tous les chefs-lieux de départements, tous les chefs lieux de sous-préfectures, les gros villages parce que je voulais échanger avec nos frères et nos sœurs ivoiriens sur la situation du pays avant l’élection présidentielle. Et c’est ce que je souhaite faire aujourd’hui avec vous, m’entretenir avec vous et également me présenter à vous, car l’élection présidentielle est une élection importante. C’est la première vraie élection pluraliste depuis des années. Le choix qui vous sera demandé, est un choix essentiel. Il s’agit de voir qui doit gouverner la Côte d’Ivoire sur les 5 prochaines années. Nous savons que ce choix dépend de Dieu et que chacun a son destin. Mais, il faut à notre niveau, tout simplement rencontrer les populations pour que chacun ait l’opportunité de dire ce qu’il compte faire pour les Ivoiriens, pour la Côte d’Ivoire. Moi, je viens me présenter à vous et vous dire qu’effectivement, je suis candidat à l’élection présidentielle. Je suis déjà venu ici, certains m’ont vu, d’autres me voient à la télévision de temps en temps, depuis quelques temps et beaucoup d’entre vous m’avez vu très souvent quand j’étais Premier ministre d’Houphouët-Boigny, de 90 à 93. Je tiens à me présenter à vous pour vous dire avant toute chose qu’Alassane Ouattara est un homme de paix. C’est un homme de paix qui vous parle. Je suis contre la violence. Et je l’ai démontré partout où je suis passé y compris quand j’étais Premier ministre de 90 à 93. Alassane Ouattara ne peut pas avoir de vengeance en lui. Je n’ai que de l’amour dans mon cœur…Vous savez que beaucoup de choses ont été dites à mon encontre. Je voudrais vous dire que moi, je ne réponds pas à ces mensonges parce que je pense que les Ivoiriens ont bien compris où se trouvait la vérité. Vous m’avez dit que nous devons avoir un échange de vérité. La vérité, c’est que la guerre que nous avons vécue, est une guerre qui n’aurait jamais dû arriver. Jamais les Ivoiriens n’auraient pu se tirer les uns sur les autres. Quand cette guerre a commencé, souvenez-vous, on nous a dit que c’était d’abord le général Gueï, ils sont allés l’assassiner, lui et 16 autres personnes ont été massacrés. Ensuite, on a dit que c’était le Président Compaoré qui était le parrain de la rébellion. Pourtant quelques temps après, ils ont signé un accord entre les deux belligérants en son temps, après Compaoré, ils ont accusé la France. Maintenant, ils font beaucoup de courbette à la France. Après, ils ont dit que c’était Alassane Ouattara qui était à la base de la guerre sans jamais apporter de preuves. Je pense que les Ivoiriens sont intelligents pour comprendre que quelqu’un qui aime son pays ne peut pas faire de guerre à son pays. Il y a tellement de pères de cette rébellion qu’on se demande si le parrain n’est pas ailleurs. Moi, j’ai failli être assassiné. J’étais dans ma maison quand on m’a dit que le général Gueï avait été assassiné et que j’étais le prochain sur la liste. Si je devais être le père de la rébellion, je ne me serais pas assis chez moi pour qu’on vienne me tuer. C’est totalement absurde. Il n’a jamais été question pour moi de créer la violence dans mon pays. Je viens donc dire que certains n’ont pas d’arguments. Il faut qu’on vienne voir les chefs, les populations pour leur dire la vérité. Moi, je suis descendant de chef.

Honorables chefs, vous savez même que dans nos traditions, quand il y a un problème dans une communauté, dans un village, la responsabilité de sa gestion incombe au chef. Si le problème est mal réglé, c’est que le chef est un mauvais chef. Il faut que les problèmes qui se posent en Côte d’Ivoire comme dans tous les pays trouvent une solution pacifique, une solution pour laquelle on n’a pas besoin de mort d’hommes. Le Président Félix Houphouët-Boigny disait que tout finit par le dialogue, même avec ceux qui prennent les armes. Moi, je suis un fils spirituel du Président Félix Houphouët-Boigny. Je crois au dialogue. Je ne souhaite pas qu’il y ait de la violence dans mon pays. Ceci étant, j’ai fait les 19 régions que compte notre pays. J’ai vu la souffrance des Ivoiriens. Les conditions de vie se sont dégradées durant ces dix dernières années. Pour moi, la Côte d’Ivoire ne peut pas continuer de cette manière. Ce matin, je viens vous dire qu’au vu de tout cela, j’ai décidé d’être candidat parce que j’ai des solutions aux problèmes des Ivoiriens. J’ai des solutions parce que ma première mission, c’est de réconcilier les Ivoiriens et faire en sorte que cette réconciliation conduise au pardon et à l’acceptation des uns et des autres. Ma prière est que nul ne soit animé d’esprit de vengeance. Cette réconciliation demande votre contribution, vous les honorables chefs. C’est pour cela que je prévois, si Dieu le veut et fait de moi Président de la République, la révision de la Constitution pour introduire un statut spécial pour les Rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire. Je crois que cette modification de la Constitution permettra de reconnaître votre rôle de manière pleine et entière. Il faut que le budget de l’Etat prévoie la prise en charge et la mise en œuvre de cette responsabilité. Je le dis parce que je connais la place qui est la vôtre dans nos sociétés et dans nos traditions. Il est indispensable que nous soyons en mesure de donner toute la considération à nos rois et chefs traditionnels. Je voudrais aussi vous dire que pour le peuple Atchan, je connais les problèmes qui sont les vôtres. Je sais que le problème majeur, c’est le problème foncier. L’attribution des terres a été faite souvent de manière désordonnée. La valorisation n’a pas été actualisée. Surtout, l’utilisation de ces terres doit donner lieu à une juste compensation. Je voudrais vous donner l’assurance que je suis un homme pragmatique. Je l’ai démontré dans mes anciennes fonctions. Une fois élu, je ferai en sorte qu’il y ait une évaluation équitable. C’est pourquoi, nous allons mettre en place une mesure qui tienne compte de l’évolution du prix des terres depuis que cela a été fait depuis les indépendances. Il faut que la revalorisation soit faite pour les terres qui ont été prises. Marcel Amon Tanoh a été ministre de la Construction et de l’Urbanisme. Il a fait ce qu’il a pu. Mais il est important que ce problème important soit pris en main et qu’une solution équitable soit trouvée. Il faut tenir compte du fait que ces terres appartiennent d’abord aux Ebrié. Je voudrais aussi évoquer la question de l’assainissement, le drainage des eaux de pluie et la situation des villages. Ce sont des problèmes essentiels. Nous devons faire en sorte que tout cela soit mieux organisé. Le programme de gouvernement que je propose prend tous ces points en compte. Je voudrais vous assurer, honorables chefs, que ce sont des choses précises que je prévois dans mon programme. Les fonds pour les mettre en pratique seront trouvés. Nous allons également trouver des fonds pour améliorer le réseau électrique. Ce problème est réel pour la Côte d’Ivoire toute entière mais il l’est plus pour ici car nous avons subi le délestage. Nous savons tous ce que c’est que d’être privé d’eau et d’électricité. Je voudrais vous dire que moi je trouverai les moyens pour financer le programme que je propose. Je trouverai les moyens parce que j’en ai l’habitude. Je l’ai fait de 90 à 93 quand le Président Houphouët m’a demandé de venir l’aider suite aux difficultés que le pays a connues à cette époque. Je l’ai fait sur l’ensemble du continent africain, pour des grands pays comme le Nigeria, l’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud. Je l’ai fait aussi pour des pays en Amérique Latine ou en Asie. Je sais trouver des moyens pour aider mon pays pour le sortir des difficultés qu’il connaît aujourd’hui. Ceux qui disent qu’on ne peut pas trouver ces moyens, ce n’est pas de leur faute de parler de la sorte. Moi, je vous dis que je trouverai des moyens. Je l’ai déjà démontré. Ces moyens proviendront d’abord de la Côte d’Ivoire. Je suis choqué quand j’entends dire qu’il y a le candidat des Ivoiriens et ceux des étrangers. Vous savez, je pense que nous devons rassembler les Ivoiriens. Nous sommes dans une situation où nous devons être guidés par une seule volonté, celle de rassembler les Ivoiriens. Nous voyons ce que la division des Ivoiriens nous a coûté. Je ne souhaite pas rentrer dans ce débat. Tous les 14 candidats qui vont compétir et dont les candidatures ont été validées sont tous des candidats ivoiriens. Autrement, ils ne seraient pas admis à compétir. Je souhaite que le débat porte sur ce que chacun de nous se dispose à faire pour nos compatriotes afin que le jour du vote, chacun de vous puisse, en toute connaissance de cause, choisir le candidat qu’il considère comme étant le meilleur, le plus compétent, celui qui a fait ses preuves. Ce qui est important dans cette campagne, c’est que tous les trois grands candidats que nous sommes, avons chacun à son niveau, géré les choses de l’Etat. Vous savez ce que chacun de nous a fait. Certains l’ont fait pendant 10 ans, d’autres pendant 6 ans, moi je ne l’ai fait que pour 3 ans. Le plus important pour moi, c’est de se poser ces questions-là. C’est aussi de se demander qui est le candidat qui est animé par une volonté de réconciliation et de paix pour la Côte d’Ivoire. Il faut aussi se demander qui est le candidat qui peut trouver les moyens pour construire la Côte d’Ivoire. Ce sont ces questions-là qui doivent nous préoccuper. Nous devons nous dire que l’élection présidentielle est une élection trop importante pour ne pas dire la vérité aux Ivoiriens. Nous devons vous dire la vérité. Il s’agit, au cours de cette élection, de choisir un homme qui va sortir le pays de la crise. Pour moi, ce n’est pas une question d’ethnie, ce n’est pas une question de parti politique, ce n’est pas une question de religion ou de région. Pour moi, tous les candidats aiment la Côte d’Ivoire, autrement, ils ne demanderaient pas à être candidat espérant diriger les Ivoiriens. Nous devons faire en sorte que cette élection ramène une paix définitive à la Côte d’Ivoire. Nous devons faire en sorte que cette réconciliation soit vraie et qu’elle soit profonde. Il faut que nous puissions à nouveau réapprendre à vivre ensemble, à s’aimer, à aimer notre pays et à mettre le pays au devant de chacun de nous.

Honorables chefs, voici le message que je souhaitais vous livrer. Je voudrais, par ailleurs, dire que je crois beaucoup en cette élection. Je pense que les Ivoiriens seront guidés par Dieu pour faire le bon choix. Parce que la situation est trop difficile pour la majorité des Ivoiriens. Nous ne pouvons pas nous amuser avec le futur des Ivoiriens. Nous devons dire la vérité à nos concitoyens. Moi, je viens demander votre soutien, parce que j’ai la conviction que je peux aider notre pays. C’est vrai que j’aurais pu faire autre chose. Je faisais autre chose d’ailleurs quand j’ai décidé de venir en politique. Je ne vais pas prendre des engagements et ne pas les respecter par la suite. Le vrai homme politique est celui qui dit la vérité à son peuple, qui a des convictions pour son peuple, qui se sacrifie. Tout le monde sait que je peux vivre sans faire la politique. Mais je ne peux pas accepter de voir mon pays dans l’état où il se trouve aujourd’hui. C’est pour cela que j’ai décidé d’accepter d’être candidat.

Monsieur le président de la coordination, honorables chefs, chers notables, merci de m’avoir donné ces instants. Je pense que contrairement à ce que beaucoup de gens disent, j’ai la conviction que cette élection se fera paisiblement. Parce que je pense que cette crise est derrière nous maintenant. Et que tous ceux qui sont concernés par cette élection, que ce soit les hommes politiques, que ce soit la Commission électorale indépendante, à cet égard je voudrais rendre hommage à l’un de vos fils, le président Robert Beugré Mambé. Il a fait un excellent travail. C’est grâce à lui que nous avons eu tous ces progrès. D’ailleurs tout ce qui a été validé par les leaders politiques, c’est exactement ce qu’il nous avait dit à Ouagadougou déjà en décembre 2009. Il a fait un bon travail. Je l’ai déjà dit ici et je le répète. C’est un homme de qualité. Je lui rends hommage. Honorables chefs, merci pour l’attention que vous nous accordez. Je compte sur votre soutien et je prie que la Côte d’Ivoire demeure en paix pendant et après l’élection. Et que nous puissions mettre en place une équipe capable qui va au-delà des partis politiques pour remettre la Côte d’Ivoire au travail. Vous pouvez compter sur moi.

Recueillis par Thiery Latt

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