Accords de Linas-Marcoussis

Les accords de Linas-Marcoussis, ou accords Kléber, se
sont tenus du 15 au 26 janvier 2003 en France à Linas-
Marcoussis et visaient à mettre un terme à la guerre civile
de Côte d'Ivoire qui s’y déroulait depuis 2002. Autour de
la table de négociations, les « Forces nouvelles » rebelles
du nord et les différents partis politiques du pays étaient
invités par le président français, Jacques Chirac, pour négocier
à huis clos les conditions de retour à la paix. Les
accords furent signés au centre des conférences internationales,
avenue Kléber à Paris.
1 Parties
La table ronde était présidée par Pierre Mazeaud, assisté
du juge Keba Mbaye et de l’ancien Premier ministre
ivoirien Seydou Diarra ainsi que des représentants
d'institutions internationales, ONU, Union africaine et
CEDEAO. Siégeaient à la table les partis politiques suivants
: FPI, UDCY (pouvoir), MJP, MPCI, MPIGO (rébellion
proche de l'opposition), PDCI-RDA, PIT, RDR,
MFA, UDPCI (opposition).
2 Contenu des accords
Ces accords prévoyaient notamment :
 le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo, le président
ivoirien dont l'élection en 2000, quoique démocratique,
avait été entachée par la disqualification
de ses principaux opposants (dont Alassane Ouattara)
par la Cour suprême, pour « défaut d'ivoirité » ;
 la formation d'un gouvernement de « réconciliation
nationale » comprenant 44 membres représentant
tous les partis :
 les rebelles du Nord obtiennent les ministères
de la Défense et de l'Intérieur ;
 un Premier ministre est nommé de manière irrévocable
jusqu'aux prochaines élections ;
 le FPI obtient 10 ministères, le RDR et le PDCI,
7 chacun ;
 une révision de la Constitution, et notamment des
critères d'éligibilité du président ;
 une révision des critères d'admission à la citoyenneté,
qui écarte trop d'Ivoiriens ;
 une restructuration des forces armées ;
 la traduction devant la Cour pénale internationale
des responsables d'exécutions sommaires.
De plus, des lois et règlements doivent être pris afin
d'améliorer la condition des étrangers et la protection de
leurs biens et personnes.
Cette mise sur un pied d’égalité des rebelles et du pouvoir
légal indigne en Côte d’Ivoire, elle est pourtant classique
dans ce genre d’accords (voir ceux de Sun City pour l’ex-
Zaïre, de Lusaka)[1].
Les rebelles et l'opposition suivant cette répartition
comptent 75 % de membres au gouvernement contre 25
% pour les partis au pouvoir.
3 Mise en oeuvre
Seydou Diarra, proche de l'opposition fut nommé Premier
ministre à l'issue de cette réunion, et des pouvoirs
du président de la République lui furent délégués le 10
mars.
L'ONU autorisa le 4 février la CEDEAO et la France à
déployer des troupes pour veiller au maintien du cesser-lefeu,
conclu le 3 mai. Le 13 mai, par la résolution 1479, le
Conseil de sécurité des Nations unies crée une mission en
Côte d'Ivoire, la MINUCI, pour faciliter l'application des
accords de Marcoussis, avec une composante militaire, en
complément des troupes de la CEDEAO et de la France.
Le 4 juillet, rebelles et gouvernement déclarent la fin de
la guerre civile.
4 Tentative de réactivation
Le 30 juillet 2004, le sommet d'Accra (Ghana), organisé
par l'ONU, donne un échéancier de désarmement et
de solution politique à la crise qui renaît depuis le début
de l'année (voir histoire de la Côte d'Ivoire). Il reprend
l'essentiel des accords de Marcoussis sous le nom
d’accords d'Accra. Laurent Gbagbo promet de réviser
l'article 35 de la constitution qui écarte Alassane Ouattara
de la présidence.
Le 9 août, les ministres rebelles limogés le 19 mai et ceux
ayant quitté le gouvernement après les manifestations du
25 mars réintègrent le gouvernement. Un décret est signé
par Laurent Gbagbo qui délègue de nouveaux pou-
1
2 7 LIENS EXTERNES
voirs au Premier ministre. Il applique ainsi l'article 53 de
la Constitution prévu pour la mise en oeuvre des accords
Kléber.
Le 13 octobre, les Forces nouvelles (anciens rebelles) annoncent
qu'elles ne se désarmeront pas comme prévu à
partir du 15, à cause de l'armement massif des FANCI
(Forces armées nationales de la Côte d'Ivoire).
5 Notes et références
[1] Colette Braeckman, « Aux sources de la crise ivoirienne »,
Manière de voir no 79, février-mars 2005, (ISSN|1241-
6290), p. 82.

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